-
-À L'INTIME-
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 18 Août 2012 à 20:11
Je ne sais pas d'où viennent les contraintes d'écriture qu'on se pose parfois, quelles qu'elles soient, apparentes ou masquées, mais (en tout cas pour ma part) il me semble qu'une fois qu'elles apparaissent et si elles font sens, on peut toujours frotter gratter avec le dos de l'éponge, elles restent, sûrement qu'au fond elles sont utiles.
Lotus Seven, c'est un projet à la structure très raide : des titres que je prends à un autre (Patrick McGoohan) et une forme calquée sur une ligne temporelle (un mot par seconde, des épisodes de quarante-huit minutes, un générique de deux paragraphes de soixante mots puisque long de deux minutes seulement, j'ai minuté, visionné, calculé, compté et décompté, taillé aussi).
Ça peut sembler bien compliqué.
C'est comme cette tresse que je fais entre Le Prisonnier et un après-midi de février 1968, bien compliqué ce mélange entre mes souvenirs d'enfance et une série télévisée devenue culte. Ce n'est pourtant pas "expérience", ni jeu qui se voudrait hors du commun, ni "invention" ludique, formelle.
C'est compliqué et simple tout autant : rendre un moment précis (pour moi) n'est pas possible sans le délimiter, et certains souvenirs ne peuvent pas se manipuler sans gants (les maniques pour sortir le plat brûlant du four).
Alors cette forme très précise et presque trop rigide, j'en avais besoin pour m'aider, toucher les bords, ne pas se perdre, et avoir pied à l'intérieur, évoluer sous tension, poussée, libre, bien plus libre avec elle que sans elle.
Merci à François Bon sans qui (et la suite de la phrase est trop longue et trop large pour être enfermée sur ce blog) et à Roxane Lecomte, l'incroyable habilleuse de Lotus Seven.
1 commentaire
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 29 Juillet 2012 à 11:39
Pas de dogme ici, juste que je m’interroge au réveil sur cette formulation de Laurent Margantin sur son blog les Carnets d’Outre-web : « cette ouverture permanente et potentiellement infinie aux autres, à autrui via Facebook ou Twitter », ouverture qu’il juge à effets potentiellement négatifs et qu’il dénonce.
Je me demande :
Qui est humainement capable d’opérer une telle ouverture « permanente et potentiellement infinie aux autres » ? Gandhi ? Astroboy ? Il y a des limites humaines, physiques, sociométriques, qui placent des limites humaines à cette humanité limitée, si j’ose tenter cette formulation (à tendance humainement circonscrite dans des frontières humaines et limitées, je le rappelle).
Et cette appellation de « réseaux sociaux » me fatigue : les Rézossocios n’existent pas en tant que bloc, mais divers, déclinés, sous plusieurs usages, selon les pôles d’intérêt et les cercles qui les animent (tout comme « le cinéma » n’existe pas. Qui peut ranger Les Bronzés font du ski et Dersou Ouzala dans la même catégorie ? je ne sais pas, et ça me laisse pantoite et désarmée j'avoue).
La rapidité de l’échange, son immédiateté et la facilité avec laquelle Un Monde de données est accessible doit se questionner (cf lien), faire l’objet d’études, de réflexions (cf aussi), mais n’est certainement pas une dictature. Et je ne suis pas un saladier vide attendant d’être remplie sous l’entonnoir de la technologie de masse, une victime, une geek, une cocaïnomane en perpétuelle tentation d’être happée engloutie par les vilains Rézossocios.
J’utilise Twitter et le net exactement comme j’utilise ma douche ou ma voiture : lorsque j’en ai besoin.
Bien sûr, il y a des phénomènes d’accoutumance avec des accros à la connexion, tout comme certains souffrent de TOC et se lavent les mains 17 fois en soixante minutes (et aucune voix ne se lève pour s’offusquer de ces robinets ouverts et du savon scandaleusement accessible dans nos pays riches, l’hygiène de soi devant se mesurer à la parcimonie de l’entendement de la rareté précieuse du savoir incluant la privation, ou je ne sais quelle autre coquetterie de ce style) (j’ajoute que plus de savon dans les allées de Match le dimanche matin ainsi qu’une quantité accrue de déodorants soulageraient mes capteurs olfactifs, mais je m’égare).
L’utilisation maladive d’un outil n’est pas provoquée par l’outil lui-même, mais par la maladie.
L’outil imprime une intention, et les réseaux sociaux inclinent la planche vers la rapidité, le survol, l’immédiateté, l’accès large. Mais nous, en face, ne pourrions que subir, nous arracher les cheveux, sortir le crucifix et les gousses d’ail en parade ? N’avons-nous pas assez de cervelle pour distinguer, hiérarchiser, choisir, sélectionner, se déplacer, éviter, raisonner, penser enfin devant les multiples possibles offerts par Twitter Facebook et plus si affinités ? Ma voiture peut rouler très rapidement, surtout quand j’appuie sur la pédale de droite. Donc, lorsque je m’installe au volant, je n’ai pas d’autre choix que d’accélérer à fond les manettes, vroummmm ? Avec le câble j’ai accès à 500 chaînes de télé, donc je me force à les regarder toutes ? ( !) Si ce n’est pas clairement indiqué dans le mode d’emploi du micro-ondes, j’ai le droit de faire cuire un chat vivant à l’intérieur ?
C’est un bien triste constat de penser autrui comme dénué de sens commun et aussi faible d’esprit qu’un mérou dans un aquarium. « Cette ouverture permanente » au web je la régule en fonction de paramètres immuablement humains, comme le besoin de solitude ou l’envie de marcher en forêt. Et lorsque je la retrouve, je sélectionne les voies que j’emprunte, je lis des textes et des pensées que je vais rejoindre avec l’intention de le faire (grâce à twitter) précisément, ou sous l’effet magique de la sérendipité. Et je ne suis pas Astroboy, juste un humain regular.
Ce qui me gêne aussi dans cette pensée d’un web tentaculaire incontrôlable à la rapidité abrutissante, c’est qu’en socle et sous la trame, on y retrouve la silhouette fantomatique de Preskriptor, ce héros. LE prescripteur du web. Celui qui sait où aller, quoi lire, quoi faire quoi penser. Celui dont les neurones s’étagent en escalier mécanique. Celui qui pense un monde pyramidal où lui-même se placerait en haut tout en haut à cheval sur la pointe du monument-soldat-du-haut-de-ces-pyramides avec son chapeau de peticaporalcorse.
De mon point de vue d’human regular, j’ai tendance à penser que Preskriptor aime présenter le web comme dangereux/ immense/ cannibale/ infini / pour asseoir son identité : « suivez- moi mes petits, je vous guiderai, ne quittez pas ma lampe torche des yeux, mais en passant admirez l’hémisphère gauche de mon cerveau qui pèse 3 kilos 600, oui, je dois, en plus de vous guider indéfectiblement, être attentif à mes vertèbres, telle est ma croix ».
Alors oui, l’outil (Twitter-facebook-rézosocio) n’est pas neutre. Mais, my goodness, en face, je ne suis pas neutre moi non plus !
Entre ceux qui questionnent et ceux qui jugent, je préfère les premiers, qui ne me prennent pas pour une cloche vide, à remplir de leur sagesse.
Une « ouverture au monde potentiellement permanente et infinie » (en dehors du fait qu’elle n’existe pas telle que décrite, aussi floue et aussi dangereuse qu'il y paraît) c’est voyager au Québec suite à un tweet, ou interroger la pensée de Montaigne, une richesse accessible, qu’elle passe par twitter Facebook ou la boulangère de la rue Jean Renoir. Si je m’ouvre (avec mes moyens faiblement humainement limités) au monde, je peux m’y déplacer.
(j’ajoute, et de façon toute personnelle, cela n'engageant que ma propre personne, qu’utiliser le net pour déclarer que l’on doit s’en extraire est une vache de contradiction de base dont j’espère bien me préserver, que les dieux Internetor et Webarix me tiennent en leur sainte garde)
4 commentaires
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 22 Juillet 2012 à 10:07
schéma illustratif d'un article du Monde :

Ci-dessous quelques explications supplémentaires en images :
1 commentaire
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 6 Juillet 2012 à 11:53
Le billet d'Isabelle Butterlin aujourd'hui, outre qu'il est très beau, ouvre comme à son habitude sur plus large
comme dans la vie, j'ai besoin d'ouvertures, de plus en plus grandes et je les trouve sur Twitter et sur Internet
comme dans la vie s'y trimbalent aussi des scories, pressions sociales ou autres, petits automatismes mesquins, et il faut être vigilant
être chez soi dans sa TL ou sur son blog sans pour autant baisser la garde
comme dans la vie éprouver une grande fatigue quand au milieu du brouhaha de voix riches et diverses, celle du médiocre prend trop de place
comme dans la vie s'exaspérer, être en colère, constater que le soi "virtuel", peut être un soi débarrassé d'emballages inutiles
(comme elle est belle cette liberté là)
mais qu'on retombe facilement, si simple un croc-en-jambe, au moment de se coltiner remarques salaces et dégradantes
comme dans la vie ne pas savoir quoi faire, quand la menace se cache, est voilée, sous-entendue, "virtuelle"
comme dans la vie se désoler de tout ce temps perdu, l'énergie inutile dépensée à disposer des boucliers efficacement
et comme dans la vie remonter à cheval, passer outre, récupérer des forces, silencieusement
mais regretter vraiment que, comme dans la vie, le troll ou l'amateur de moules aient un tel pouvoir de nuisance
et avoir une utopie bête, comme rêver de désamianter Twitter et Internet
votre commentaire
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 30 Juin 2012 à 14:32
(texte un peu introspec-todo-tif, mais j'ai le droit dans la catégorie "à l'intime")
Demain, c’est la mise en ligne de la dernière Todoliste. Peut-être le moment pour moi de prendre deux secondes de réflexion sur ce qui se passe avec les projets quotidiens, pourquoi ils commencent ou finissent, enfin, les rouages là en action, dans un constat a posteriori.
Continuellement (ou presque) j'ai un projet à long terme, au long cours, mené un peu à l’aveuglette et qui monopolise pensées/journées sans pour autant instaurer de rendez-vous régulier d’écriture. Ces projets-là ont besoin de peu de lumière, en tout cas en début de germination, pour que la croissance se fasse correctement.
Ils s’appellent Signes cliniques, Ligne 1044 ou Lotus seven par exemple. C’est chaotique, deux jours entiers consacrés à eux puis plus rien pendant une semaine, ou l’inverse. Impossible de leur faire confiance pour se structurer, c’est eux qui décident du rythme, je peux juste lever la main et dire « présente ! » en bonne élève, quand ils sont disponibles. L'unique (et étrange) certitude est ma capacité à les mener à terme, c'est comme ça.
Et en même temps, continuellement (ou presque) le besoin d’ouvrir les fenêtres : que le blog tentatives soit atelier « Entrée-libre » avec ma présence journalière, comme ces cordonniers qui tenaient une échoppe sur la rue et coinçaient la porte avec une chaise chaque matin - je sais que la comparaison est un peu facile/risible/et même réactionnaire avec son côté petits-métiers-oubliés, mais mon grand-père était calzolaio (je crois qu’on dit comme ça) et réparait le scarpe (ça je sais), sans doute à cause de lui que je visualise l'idée et son matériel étalé sur l’établi.
Alors, choisir un projet régulier, quotidien, qui ne vienne pas manger dans la pâture de l’autre (le projet dans l’ombre), et dans cet équilibre, tenter de trouver la bonne balance. Tenter les Fichaises, Le Journal du rat, les Todolistes, avec une impression de légèreté, comme si le cordonnier, pour user la métaphore jusqu’au bout de la semelle, se fabriquait sur son temps libre des chaussures hawaïennes à embouchures, avec éoliennes sur le dessus et des lacets-python rétractables à l’arrière.
N’étant pas très calée en équilibrisme, arrive immanquablement un jour où le projet quotidien devient grand carnivore des plaines, mange tout mon temps, tout ce que j’ai, et le projet (de l’ombre) se squelettise, râle, s’exaspère, ça se distend, c’est inconfortable, je ne trouve plus la poignée pour le transport, bref, il est temps d'arrêter, de remette un peu d’ordre au fourbi.
N’empêche que, si je sais à peu près ce qui se passe avec mes projets (de l’ombre), c'est très différents avec les projets quotidiens, comme les Todolistes justement, parce que la tension et l’intention sont différentes.
Comme des gens entrent dans la cordonnerie, c'est un travail plus dans l’écho, le rebond, la vue sur la rue et l’animation ambiante, le passage du monde et la réaction. L'humeur du jour aussi prend de la place et déborde, sans que ce soit réellement décidé, je m'autorise à être sombre, contrariée, joyeuse, intriguée, fatiguée, enfin, comme le calzolaio au jour le jour je suppose (l'accent italien en moins).
Et dans cette non-pression, l'écrit renvoie un drôle de miroir, mais après coup. Il révèle les habitudes, ce que je vois en premier, l’importance des mains, des yeux, des doigts, des bruits dans les textes produits, mes petites idées fixes, mes incontournables problèmes, ou les expressions qui reviennent sans cesse naturellement et contre lesquelles je dois lutter pour que ma paire de chaussures soit différente de celle de la veille. J'apprends beaucoup.
En ce moment, un nouveau projet (de l'ombre) s'est décidé, a déclaré les Todolistes trop gourmandes. Et puis, un tour complet à 365 jours, ça va devenir difficile de m'empêcher de repriser le même trou dans le même godillot.
Alors, trouver un autre projet quotidien léger en béquille du projet (de l'ombre), qu'ils puissent marcher tous les deux en accord. Et peut-être que ce constat-bilan fait a posteriori se modifiera et que je vais apprendre encore ?
(je cherche une chute avec "cordonnier" pour conclure, comme Cordonnier n'amasse pas mousse par exemple mais mieux, c'est difficile)
3 commentaires
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 9 Juin 2012 à 13:04
chienne de garde, chienne
trainée, espèce de chienne
chien de garde, valet, soumis, aux ordres, aux pieds, aux bottes
chienne
chienne, Pas louve non
car louve belle, matrice, génératrice, Romulus, Remus, Louve sublime
chienne
chienne, Pas lionne non
car lionne terrible, sauvage, indomptable, solitaire, flamboyante Lionne
chienne
bestiale chienne, jappante bavante chienne, raclure
Suis pas une chienne de garde
Je suis un suricate

4 commentaires
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 2 Février 2012 à 17:37
Ainsi, je m’adresse à toi, Ô Grand Yannmoix,
- sans espoir d’être entendue toutefois, car si tu livres à la toile l’étendu (étendue) de tes réflexions, tu te préviens bien des retours et interpellations et commentaires contradictoires, en restant admirablement étanche, un peu comme un baigneur expérimente la natation mais sans entrer dans l’eau. Ô Grand Yannmoix, prescripteur d’internet à sens unique. Toi, tes arrosoirs de vérités se déversant sur nous, pauvres plantes communes dénervées, nous le chiendent - Ainsi, à toi je m’adresse.
« Brûlons les e-books » tu nous enjoins. Ah ça ira, ça ira, ça ira, vent de révolution, et ta cape scintille sur la barricade, brûlons-les ! le beau message généreux.
On mesure une civilisation, dis-tu « à sa capacité de pouvoir se soulager de son propre sang, à sa capacité de pouvoir s’alléger de ses propres stocks ». Ah, oui, on la mesure. Mètre ruban. Et toi tu sais, Ô Grand Yannmoix, mesurer ce genre d’ustensile. Car bien sûr, tu la regardes de côté, la civilisation, celle-là, les autres, tu habites à l’écart, un endroit promontoire, d’altitude honorable, propice au jugement. Nous le chiendent. Et un peu comme au patinage artistique, tu lèves un écriteau avec ta notation, en regardant en bas la civilisation qui patine.
Brûlons, brûlons, ce qui pourrait TOUT contenir, ces e-books malveillants, cette « obèse accumulation des détails et du moindre fait », brûlons. Ne gardons que...
(là, un blanc, parce que je cherche dans Tes Paroles, Ô Grand Yannmoix, ce que l’on doit garder)
Je trouve (fin du blanc) : Gardons « la diffusion de la parole ».
Mince, mais Ograndyannmoix, c’est pas pour chipoter, mais y’en a des paroles, et plein, dans les e-books, on brûle quand même ?
Ah, oui, on brûle ! Brûlons cette « tour de ciment remplie de livres [que le e-lecteur] ne lira que fantasmagoriquement, qu’hypothétiquement, que virtuellement ».
Mais (ograndyannmoix), d’une part, les propriétés moléculaires du ciment en font un combustible assez médiocre, et d’autre part, c’est-y utile de brûler c’t’affaire sachant que, comme tu le dis si justement et avec quel à propos ô vot’grandeur, sachant que viendra le temps de « la mort de la civilisation qui l’abrite et dont on ne doute pas que, telle la grenouille de La Fontaine, elle finira par exploser d’indigestion » pof ?
Alors, qu’esson fait ? (les manants étaient là, avec leurs torches, à regarder dans toutes les directions pour tenter de comprendre la parole de not’bon Maître, et moi, comme eux, je m’interrogeais, perplexe, dans la mesure de mon faible potentiel neuronal interrogatif)
Le Grand Yann Moix continua son prêcharrosoir. Nous comprîmes qu’il voulait conserver la rareté (nous le chiendent). Que brûler les e-books c’était brûler la quantité, son adversaire.
Alors, là, moi et les autres chiendents, on en a pris un coup. On a réalisé que l’internet dont parlait le grand prêtre, c’était le site de La Redoute, et ça nous a fait un peu de peine. C’est comme ça. Ceuss’ qui habitent à l’écart, ils mettent dans leurs arrosoirs ce qu’ils ont en stock, et des fois y’a pénurie sur les hauteurs, c’est la sècheresse.
Moi, je suis en bas, les pieds dans la nappe phréatique. Des fois, je la trouve immense, grande comme la mer. Et tu voudrais brûler la mer, og...x ?Ah, pauvre petit.
1 commentaire
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 5 Décembre 2011 à 13:35
(juste parce que j'en ai eu l'idée ce matin et que, coïncidence qui coïncide, c'est l'anniversaire de Publie.net aujourd'hui)
Elle vit les portes ouvertes, il suffisait d’entrer.
On chercherait son nom sur les listes, on lui trouverait un emploi du temps, un numéro de salle, une pile de manuels, une interrogation écrite, un exposé devant toute la classe.
Elle lèverait le doigt, to catch caught caught, le jour de la marche sur Rome, le PIB des États-Unis, l’endurance, elle réviserait. Elle regarderait les autres vibrer ou se taire, bousculades dans les escaliers et files patientes à la cantine. Elle chercherait sa carte de bus perdue. Elle répondrait externe, demi-pensionnaire, interne, autorisée à, un mot dans le carnet. Non ! Non ! Brutalement, on lui barrerait le passage et on la repousserait à l’extérieur. Derrière une vitre, elle verrait sa fille lui faire signe, oh, quelle peur, mais elle lui rendrait son sourire.
principe de la Fichaise : un il ou un elle sans nom et trois paragraphes seulement
1 commentaire
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 15 Juin 2011 à 13:17
(parce que j'ai lu l'affaire de la rue Gallimard sur Bibliobs)
Je ne classe pas grand chose (c'était visible dans mes Cartons) mais je suis toujours admirative de ceux qui parviennent à scinder le monde, les gens et les choses en deux catégories seulement.
En général, on dit "Sur terre il y a les ___ et il y a les autres" (sûrement pléthore de bons mots & citations sur ce modèle).
D'un côté, il y a la vieille chose ennuyeuse au titre à rallonge et de l'autre du Claudel.
D'un côté, il y a "une époque où même les âneries doivent être sérieuses" et les autres, ce qui savent reconnaître une ânerie au premier coup d'oeil comme ils savent classer d'entrée en deux catégories toutes les choses.
Si je fais un gros effort, je peux quand même faire un petit classement : d'un côté ce qui suinte de mépris, et de l'autre, je ne sais pas quoi exactement, mais je suis dedans.
(en savoir plus sur la rue Sébastien Bottin sur ActuaLitté)
2 commentaires
-
Par cjeanney dans -À L'INTIME- le 26 Mai 2011 à 18:03
ai lu les oloé ici, à cet endroit, il n’y avait rien à voir par la fenêtre et pas de bruit, à 14 h les bus ne passent plus dans la rue, doivent se reposer ailleurs dans un entrepôt inconnu, peut-être désert, reprendront vers 16 h leur ronde, arriver au collège, ramener les kilos de sacs, de notes, de détresses et des blagues incompréhensibles (du moins pour moi qui n’ai pas assisté au cours de * et je le regrette), repartir
ai lu les oloé en grand silence, je n’avais pas branché france musique sur l’autre ordinateur comme d’habitude, non par choix mais cette fatigue de se lever parfois, juste capable de me caler la cheville sous la pliure du genou en faisant un peu tourner le fauteuil, bercée du bout du pied (toujours là que la semelle se décolle) et pas plus
quand lu les oloé étonnée des photos, bien sûr je connais l’écriture d’Anne, je sens, je sais comme elle va ouvrir des portes et secouer les rideaux, faire le neuf avec un décor simple, vivifier les lignes des murs, elle s’y connait en lieux (pensé à Franck) mais ses photos, on ne parle jamais de ses photos. Elles ne décorent pas même si décoratives, elles existent sur un autre mode, ce serait comme un changement de ton ou une basse, ou un mot précis dans une phrase qui n‘était pas censé se trouver là et qu’elle tapote, gratte de l’index, tu as vu ? voilà ce qu’elles disent, une question, une humeur, me suis laissée prendre par les photos plus que d’habitude, me suis assise à sa place devant le jardin vert et la chaise, en face d’elle, les pieds dans la terre
quand lu les oloé pris un grand café expresso (toujours faire attention, la tasse, la cuillère, le fil de la souris, le rat, un grand miracle sur cette petite table que je ne le renverse pas) au moment de lire « Grande salle, petite salle, scène surélevée ou non » ai entendu la voix d’Anne, vu sa posture, ses cheveux, l’intonation des phrases l’ai retrouvée à cause de la vidéo de la lecture D'ici Là, ça prenait plus de force d’un coup, force physique, tension, réalité
quand lu les oloé ai pensé à Béthune, où étais-tu quand j’y étais, où était Franck ? et la gare d’Arras bien sûr, la passerelle de fer, ça reste pour moi une gare mince, un T à l’envers relié au pas rapide d’un homme qui va acheter du pain, pensé à lui, puis suis revenue aux oloé très vite « vertige de tout ce plein, des directions à prendre »
et puis Franck, quand lu les oloé, me suis dit que je portais un bout de Franck avec moi, c’était comme ça, mes fantômes, tes fantômes, tous nos fantômes ensemble, une belle farandole ils font, qui pince le cœur, sans rien savoir de leurs visages porter en soi des gens, les épaissir et qu’ils nous épaississent (c’est impalpable, indiscutable, inexplicable, je n’arrive pas à l’exprimer comme il faudrait, mais j’y travaille)
ai lu les oloé, à la fin il pleuvait mais pas d’orage, donc pas besoin de débrancher, une femme dans la rue, pressée, sans parapluie, moi au sec derrière le rideau, sélectionner copier-coller un pan de texte remuant et deux photos, les mettre sur mon blog et lutter contre cette police de caractère bizarre qui ziguouiguouise, enregistrer vos modifications (ça aussi j'y travaille, à enregistrer mes modifications, très souvent, et là, maintenant, j’ai essayé)
2 commentaires
Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique













