• Anne Savelli, dans chambre close

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    chambre close


    une voix derrière la vitre, leurs voix à tous deux venus aux nouvelles, leurs mots de bonjour, d'encouragement ; un peu de soleil par une seconde vitre, celle de la fenêtre, un rayon flexible qui rend la joue tiède, apprend que c'est mai, juin puis début juillet ; parois du berceau, des barreaux des draps, les cornettes des soeurs ; et les voix surtout, rappelant chaque fois que la vie est là, dehors et dedans, tu sais pour l'instant (inflexions, accords, velouté du grain) on ne peut rien faire, ni te toucher ni t'approcher ni te consoler autrement mais nous sommes là, là derrière la vitre, là et vraiment là et totalement là et nous te tenons par le pont des voix, les déplacements d'ombres entre mur et porte, entre le couloir, la vitre et ta chambre ; la peau, son parfum ce sera pour bientôt

     

    il y aurait eu l'idée de passer à travers la vitre un bras, une épaule, dix doigts, caresser la joue sans briser le verre ; l'envie d'en finir avec ces histoires mais qu'est-ce qu'elle a on ne sait pas revenez demain l'envie de sortir, allez, au grand air, et merde aux microbes, à la vie étanche

     

    bosquets, chemins de gravier, métro et sortie : se retrouver ailleurs enfin, dans une rue, dans un lit, dans des bras

     


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    ce qu'ils disent

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    Anne Savelli

    qui prend ma place comme je prends la sienne en ce premier vendredi du mois.

     


    François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée des Vases Communicants.

    Le mois dernier Brigitte Célérier -Paumée- est venue sur tentatives, et a offert un texte dense, élégant, incisif, qui lui ressemble.

    Ce mois-ci, Anne Savelli -Fenêtre Open Space- donne à lire et à entendre ce qui se joue derrière la vitre (une passerelle délicate pour rejoindre, toucher la joue).

    Et les Vases Communicants se font aussi aujourd'hui entre

    L'oeil ne se voit pas lui-même et Les lignes du monde

    Terres et Soubresauts

    Biffures chroniques et Humeur Noirte

    Enfantissages et Lignes de vie

     Juliette Mézenc et L'exil des mots

    Le Tiers livre et Liminaire

    Cécile Portier et Scriptopolis

    Robinson en ville et Le fourbi élastique

    Etc-iste et La méduse et le renard

    LKM tout est fiction et Chroniques d'une avatar

    L'employée aux écritures et Carnets de travail de mélico

    Futiles et graves et À chat perché

    et sûrement d'autres...


     


     


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    « buéepar la porte-fenêtre grande ouverte »

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  • Commentaires

    1
    PdB
    Vendredi 4 Décembre 2009 à 11:07
    ah l'amour qui nous aide à passer par les vitres, opaques, ou couvertes de pluie, un mot, une caresse... ouais, c'est bien
    PdB 
    2
    Anne Savelli
    Vendredi 4 Décembre 2009 à 11:53
    Merci PdB. Et ce que j'aime tant, dans ces vases communiquants, c'est que sous mon texte se trouve un lien vers un autre texte : je n'ai pas mis le lien, ne connais pas le texte et vais donc le lire. C'est celui de Brigitte Célérier, fort beau...
    3
    Samedi 5 Décembre 2009 à 11:56
    Anna de Sandre
    "Carresser la joue sans briser le verre"... Superbe.
    4
    Samedi 5 Décembre 2009 à 15:51
    Enfantissages
    Encore des parois en verre, mais ici on comprend que ce ne peut être une place, que (une couveuse?) n'est certainement pas la place où être pour un bébé, qui est dans des bras, peau contre peau, sans verre à briser...
    5
    Anne Savelli
    Samedi 5 Décembre 2009 à 20:11
    A Enfantissages : pas une couveuse, en fait, plutôt une chambre stérile : couveuse de la taille d'une pièce, avec ce verre qui coupe et maintient le contact... et oui, encore, toujours une histoire de place...
    Merci beaucoup de vos réactions à tous.
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