• avis sur La langoureuse de Etienne Ethaire

     Etienne Ethaire est un auteur belge, « un écrivain de l’intimité » comme il se définit lui-même, avec la particularité d’écrire au « je narratif » féminin.

     La part féminine de l’auteur se déploie par l’exploration sans limites de l’âme humaine, de l’âme de la femme.  Exercice difficile que celui d’endosser non seulement la peau d’un autre genre sexuel, mais surtout d’être en mesure de vivre les émotions et les tribulations qui agitent la femme.

    avis sur La langoureuse de Etienne EthaireEthaire réussit avec une facilité déconcertante - je devrais corriger en disant, avec un surprenant doigté - à exprimer, non que dis-je, à vivre les joies et les douleurs les plus enfouies qui régissent le genre XX.

     Il plonge, se noie, s’imprègne, est submergé, entraîné dans les abysses sombres de ce que nous-mêmes, ignorantes ou volontairement aveugles, refusons de laisser remonter à la surface.

     On ne peut qu’acquiescer après l’avoir lu.  Ses personnages lui collent à la peau, comme ils collent à la nôtre.  Tout comme ils sont jumeaux du genre féminin qui déambule à travers l’humanité.   En touchant au plus près de la vérité - douleur et souffrance exprimées par l’anorexie dans ce roman -, l’auteur, par cette extraordinaire introspection de sa part féminine, révèle la femme au grand jour.

      Hommage à la femme, je ne sais.  Mais nul doute qu’Etienne Ethaire, par la compassion, la compréhension et l’altérité qu’il exerce, élève l’homme à mesure du degré de respect et de dignité qu’il restitue à la femme.

     L'histoire du livre

     Maleea Lori, au physique de miss doté d’une intelligence redoutable, a vingt-quatre ans aujourd’hui.

     Elle vit seule avec son père qui est médecin.  Son plus jeune frère mène sa vie ailleurs, il est grand maintenant.  Ils s’entendent bien, son père et elle.  Pourtant, dans la relation, il y a comme une prison.  Quelque chose qui l’enferme de l’intérieur.  Boucle ses émotions.  Etreint ses sentiments.  Et fait croître en elle cette blessure, cette souffrance qu’elle ne sait pas encore très bien nommer, mais qui est belle et bien là depuis qu’elle a quinze ans.

     Vingt-quatre ans aujourd’hui.  Et la langueur qui la possède.  Grandit en elle par l’intérieur et lui ronge l’âme et les os, les artères et les aortes du cœur comme un rat grignotant frénétiquement son morceau de déchet.

    A moins que le corps de Maleea Lori soit un déchet ?  Il est certain qu’elle le contrôle bien, ce corps.  Capable de refuser de manger, parfois de décider de ne manger que selon une couleur différente imposée chaque  jour : un jour les aliments gris, un autre les bleus , un autre les rouges … 

     


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