• Avis sur "Nous sommes tous des assassins" de Jean Meckert

     

    Novellisation du scénario d’un film d’André Cayatte et Charles Spaak, ‘Nous sommes tous des assassins’ possède néanmoins la force des grandes oeuvres littéraires. Sous ses airs de roman noir sec et argotique, cet ouvrage ose, dès 1952, s’attaquer frontalement à un problème qui ne trouvera sa solution qu’en 1981 : la peine de mort.

    Partant de la détention d’un tueur illettré et pataud, Jean Meckert dresse une charge amère contre la “machine à raccourcir, surtout machine à simplifier”. Mieux, il dépasse le stade de la simple diatribe antiguillotine pour attaquer de front des institutions hypocrites, une justice lâche et des hommes en noir bien-pensants, qui préfèrent tuer pour l’exemple, puisque “ça ne coûte rien”, alors que “constuire des logements, ça revient trop cher”.

    La froide analyse de l’héroïsme et de la Résistance, guidée par des petits-bourgeois couards et tièdes, met en perspective l’acte de tuer. Tuer un pseudo-collabo en 1944 ou tuer un homme quelques mois plus tard, c’est devenir un héros ou un condamné à mort. Deux interprétations d’un même acte, qui scellent l’absurdité de la peine de mort. L’écriture très orale, d’une limpidité dévastatrice, accouche de sentences inoubliables (“Ca doit faire long d’une épaule à l’autre quand il n’y a plus de tête”), dont la simplicité glace le sang. Une oeuvre intense et obstinée.

     

     

    Nous sommes tous des assassins de Jean Meckert

    Editeur : Joëlle Losfeld
    Publication :6/11/2008

     


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