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Cécile Portier, dans Piquée (vase communicant de juillet)
Par cjeanney dans -CE QU'ILS DISENT- le 1 Juillet 2011 à 00:01«(...) pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre-? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites (...)». François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée des Vases Communicants.
Ce jour est jour de petites bêtes, échange "naturaliste" entre tentatives et Cécile Portier du site
Petite Racine qu'il faut aller parcourir et admirer
(et se perdre dans les méandres et connexions qu'elle installe, histoires à plusieurs étages qui passent à travers les lignes)
Piquée

Croyez-moi si vous voulez mais il fut un temps où je vivais auprès d’un taon. Un taon, un beau taon vibrant, que le ciel blanc des canicules électrisait. Il me piquait les flancs quand je restais, indolente, dans la chaleur d'avant l'orage. Il est parti un jour, amoureux fou de la croupe d'une jument.
Je le remplaçais par un homard. Quelque chose en lui de lent et d'hermétique me troublait. Ses remarques scabreuses me pinçaient. De me séparer de lui, ce fut un arrachement.
Je décidai alors de cohabiter avec un oursin, ça dura ce que ça dura : il ne manquait pas d'intériorité, mais de variété dans la conversation.
J'allais ainsi, de pinces en dard, de dard en aiguillons. Jamais assez de miel sous le frelon, assez de fiel dans l'espadon. Je désespérais.
Les assertions définitives du crotale me paralysaient. Je me lassai vite aussi, de l'hystérie d'un moustique commun, toujours prompt à transformer n'importe quel endroit de ma peau en une très approximative zone érogène.
J’ai apprécié, en revanche, la compagnie de la punaise de lit, toujours pertinente. Mais j'ai préféré encore cette courte période de ma vie partagée avec un cobra magnétique.
J'ai dormi, aussi, dans la soie d'une tarentule soupçonneuse et jalouse, qui n'avait pas son pareil pour m'emmêler dans ses arguments.
Une méduse lascive me servit longtemps d'oreiller.
Du scorpion je me fis une virgule, pour donner plus de lenteur à mes gestes.
J'ai laissé une tique me faire advenir en quelque chose de plus rond que moi-même, une forme comme extérieure, gonflée pourtant de ma propre importance.
Puis il y eut ce moineau, qui du bout du bec voulu m'embrasser.
Cécile Portier
qui prend ma place comme je prends la sienne ce jour
Les autres vases communicants de juillet sont à suivre ICI (grace à Brigitte Célérier qui les compile si efficacement).
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Commentaires
Je me suis demandé si ces animaux charmants (le pou de Lautréamont a sauté ailleurs) échangeaient un genre de SMS.
Hier, j'ai remis la main par hasard sur "La vie de fourmis" de Maurice Maeterlinck (livre de poche n° 1213, couverture jaune) : leur langage est mieux qu'intuitif.
Décidément, ces bestiaires étranges "fourmillent" de renseignements fort intéressants.
3brigitte CelerierVendredi 1er Juillet 2011 à 21:36
pardon, pas pris le temps de vous remercier toutes les deux pour le plaisir de cette étude de la vie animale
Il s'agit évidemment de la vie "des" fourmis (même si on peut imaginer des choses).
5delestDimanche 3 Juillet 2011 à 22:33Voilà une vie affective qui ne manque pas de piquant, en effet. Ni de sérieuses occasions de se gratter se serrer la pince. Pour être une racine, on n'en est pas de bois pour autant....
Le titre de ce post aurait-il pu être : "à la recherche du taon perdu ?"
PUCE DU DIMANCHE
Le mouvement s'imagine
Voir bouger l'étendard immobile
Cristal revêtu de dentelles
Flottant au centre de la danse
Impassible un sourire
Admire les effluves
Qui décrivent des arabesques
Ou des paraboles c'est selon
Etoile ou araignée
Qui choisit la couleur
Des pinceaux du vent
Quand il balaie les cheveux
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Il est heureux, Cécile, que vous n'ayez pas eu à vivre l'épreuve de vivre auprès d'un humain... Vous connnaissez cette espèce bizarre dont el comportement est incompréhensible, à nous pauvres bestioles de la nature
Un cobra magnétique, cela peut aller. mais un humain...