• chaînes & cellulose

     

     

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    chaînes & cellulose


    enchaînements et contenants


    Cellulose : composant organique le plus abondant sur la Terre, où que tu tournes l’œil elle est partout et on peut même plonger ses doigts à l'intérieur, excavations profondes dont on ressort des macromolécules associées de senti-sentiments-ressentis qui associés forment microfibrilles, fibrillations-fébriles-palpitations qui associées forment parois successives et fibres, végétales ou autres, avoir la fibre, c’est quelque chose

    (textes semi-quotidiens, un jour sur deux du 3 juillet au 12 août 2012) 


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    il n’y aurait plus tension ni fils contradictoires – à force de lier-lien-nouer-réunir, le sac se gonfle, à l’outre-outrance, et rien n’arrive – c’est un enfant qui dit nana dans le jardin et le frottements de roues d’une voiture qui passe, un camion sa remorque sursaute toujours au même endroit, près du trottoir, une flaque creuse en forme de graine géante – à force de vouloir unir-réunir-nouer les couleurs se mélangent comme la gouache à l’école, je n’obtenais que du marron quand je les voulais toutes - cellulose se disperse et transforme, particule - lorsqu’elle se croise, elle ne se parle plus, ne s’évoque plus rien – un jour deux chatons frères furent séparés, se retrouvant adultes ne se reconnurent pas et se griffèrent, crachèrent, tentèrent de se crever les yeux - où que tu tournes l’œil elle est partout et on peut même plonger ses doigts à l'intérieur – pour mieux te perdre mon enfant, dit la sorcière – c’est un pays perdu, je lui tourne le dos, cellulose vole - petite poussière brillante qu'un rayon de lumière rend visible, et qu'on respire dans l'ombre avant la nuit

     

     


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    cellulose marbre, gris fine tessiture à lignes blanches et le bord en dessous de ciment effrité a résisté au gel - les noms sans dates et sans prénoms - tous réunis sans distinction - sont-ils empilés embrassés mélangés ou dans des boîtes séparées – plus loin un robinet, utile aux chrysanthèmes – plus loin une bordure ronde, et si on l’enjambait, des croix alignées bataillon infanterie régiment d’une langue étrangère, mais on n’enjambe pas, plus loin on est partis - cellulose caoutchouc qu’on laisse, trois fils tressés, jaune noir et brun, tenir, poser et entériner les symboles, comme ils pendeloquent à traces vives à travers les distances

     

     

     

     

     


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    rêve en cellulose : une forêt, ombres et lumières, humide, un sentier sombre, feuilles mortes brun luisant, les branches autour de nos deux têtes, beauté des nuances de verts, je tiens sa main de ma main droite fermement, mon tout petit – un feulement - reprend - plusieurs - grondements de gorge qui me résonnent à l’intérieur, danger, derrière les troncs – le sentier en rejoint un autre, en face un appenti ancien avec une porte lourde, du bois grenat – feulement - la force grave, nous nous regardons toi et moi, ta main dans ma main bien serrée – j’avance la tête, un lion une lionne sur le chemin, mais m'ont-ils vue, font des allers-retours nerveux, deux bêtes échappées d’un zoo, d’un cirque, décider, j’avance en te tirant le bras, vite, la porte derrière nous sans être sûre qu’elle te protège, ma peur pour toi si forte - réveil

     

     

     

     


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    hortensia cellulose - en prélever sur un corymbe, une cyme une fleur – s’émerveiller de ces mots neufs – et c’est un trèfle à quatre feuilles violet cousu au centre par un bouton, un bouton dur et bleu, œil de poupée chiffon – fleurs & fleurs-trèfles tenues en cymes forment corymbes rondes – boules grosses légères, qu’une main ne peut contenir - les hortensias me suivent d’une maison à l’autre – sous une fenêtre en rang à dompierre-béquincourt, une génisse alerte, un cimetière – ancestral, loué, étang de la poche, invasion de lupins voraces – et aujourd’hui quand j’ouvre simplement la porte – trèfles-fleurs rose passé ou flétrissement de jaune, ou blanc, et leur blancheur est comme la mort – cet hiver seront de sable cuit, secs, craquelés sous doigts - soudain un diamant brille dans l’herbe cellulose, une goutte, et quand je tourne un peu la tête elle cligne

     

     

     


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    Vaisselle : ouvrir – coup d’index sec (main droite) vers le haut – le même index pousse la roue de métal, eau bloquée – dans la main (main droite), plastique flexible et ambre et jet précis et lorsqu'on le repose quelques bulles souriantes volètent sans respirer et claquent à l’angle de la porte en bois (je ne réponds pas, l'irisé meurt) - premier verre - réchauffe progressive jusqu’à presque brûlure – le poignet gauche statique (coup d’index mousseux de gauche à droite) le poignet gauche reprend ses quarts de tour régulièrement – (froid, coup d’index de droite à gauche jusqu’à stabiliser température, la peau écoute) – assiette droite, profil sans révérence, et la main droite y tourne, manivelle aplatie, avec douceur (comme elle effaçait les tableaux, comme elle rend transparentes les vitres, et certains jours elle se rappelle qu’avec l’éponge ou le chiffon elle étalait des bleus profonds mêlés de colle, éclats et autres bulles dégradées, et de l’encre trompeuse, noire aux regards, transformée en ciels clairs que du gros sel avale, grains qui blanchissent, roulent du papier sec, peinture, le résultat toujours terni, comme un galet trop vite pris à la mer a perdu sa substance vivante) stop – index vif, de haut en bas, sinon le bac déborde – couverts, la lame des couteaux accroche des frisottis qui disparaissent dans le bain, rouges, arrachés à l’éponge – le manche de la poêle dépasse, fouiller dans ses recoins dessus-dessous la vis, du doré de l’orange, estompe - les tasses en équilibre instable dégringolade, I love NY en perdition coulé titanic sous la mousse - torchon (trop tôt) - plonger la main et tirer le poussoir de la roue de métal, l'eau rote gargouille - torchon (le bon moment) ensuite jeté négligemment en travers, bordure d'évier qu'il suit mais sans y croire - laisser la pièce vide, qu'est-ce qu'il s'y passe ? la main droite dehors s'amuse à faire de l'ombre à une fourmi, besogne



     

     


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    Pirouette (interne) : envol ! je fis semblant de retomber droit sur mes pieds et prétendis saluer le jury bras levé - feignis de rire et de sourire haha quelle importance - simulai joie métamorphose écart et oxygène radieux, et délivrée, un axel double parfaitement contrefait, une triple torche, vrille impériale - comme convenu, monte le nuage de poussière, cachée derrière mes sautillements déferlements, et ni vue ni connue rideau ! puis suis allée gratter devant ma porte, à l’intérieur quelqu’un se tient et ne sait plus comment bouger ses jambes




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    Appel : une tension dès le réveil – un point concret, appel vers lui, ce temps exact dans l’espace – un point imaginaire, appel vers lui, s’est coulé sur le point concret et le recouvre comme un vêtement souple enfilé fluide avant départ précipité à un moment où s’habiller n’aurait pas d’importance – l’appel est une attente à la fenêtre, le point concret-imaginaire voilé de brume – attendre de faire le point, focus, espérer que le flou se taise – attendre un autre point qui se découvre, c’est le troisième, sous chacune de ses jambes un point concret un point imaginaire formeraient deux échasses – l’appel du troisième point est ma constante – et si tout se passe bien, à l’intérieur de la pièce vide qu'il ouvre, j’écris





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    Piscine déserte (celle où je vais et à l’heure où j’y vais) - sur le dos - les oreilles englouties dans les bruits intérieurs/extérieurs ne signifient plus rien ces termes dedans/dehors – en face en haut, hublot géant et poutres de bois croix, miel, le bleu du ciel en quart de tarte découpé - tourner, guetter le mur, repartir à l’inverse – quand j’en sors l’apesanteur la pesanteur bras lourds, et l’impression qu’au dessus de la surface de l’eau flottent mille petites brisures que je laisserais, et nœuds - douche bouillante – une fois dans la voiture, quand l’eau s’éloigne je suis calme, je sais qu’elle avale mes nœuds sans les mâcher pendant que je m’en vais en fabriquer des neufs, inadvertance - cycle H2O dans les tuyaux en particules construites



     


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    Décalage : visible surtout le soir, quand le grillon appelle, et je comprends l’été mais ce n’est pas ce qu’il demande - quand chaotique imprévisible le vol d’un papillon de nuit trompé par la lumière l’ignore – quand la parole inverse hoquète, claudique, douleurs d’envois, douleurs reçues, méprises - quand le sommeil est long retirement du monde, lassitude sans fatigue, un non que l’on n’articule pas - bouche paralyse – j’ouvre les volets le matin je respire, voudrais dissoudre le décalage - et lui prétend partir mais feinte - se love sous mon épaule droite, le creux près de l’aisselle et m'y chuchote qu’il est indéfectible - presser avec le bout du doigt cet endroit-là pour en limiter les contours - souhaiter qu’il reste, coincé muet ici, et qu’il se taise en continu silence jusqu’au soir - marcher dessus - marcher avec - marcher crisser par lui et à travers, mon constant décalage endossé comme un muscle - ce que dit le grillon en cri aide-mémoire

     

     

     


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  • Mollécules densifiées et durcies, forment un arc de cercle parfait de couleur crème, pâle dessous, rosé sur le bombé du dos, coquillage – là où se déploient l’arrondi, à l’endroit du serrage, un trou d’accident pendentif utile laisse passer le sable – attend qu’on vienne, la méditerranée aux omoplates – tête baissée, la marche est difficile, le prendre – glissé, le noir d’une poche de sac, sous la glissière – à huit cent kilomètres la lumière différente, croiser les randonneurs de compostelle – mains sur les hanches tu te tenais en plein soleil - tu riais, ton visage lisse plissé de joie, tes yeux de jeune guerrier mongol – le petit attrape à pleine poignées le sable brun, le jette en éclats sombres et tangue, la vague le porte et le repose – une branche déshydratée que la mer grignote vole dans le ciel, tes bras – tenir le coquillage dans la cuisine, vous tenir tous




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