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    à l'intime

     

    Les voix se gonflaient de colère. Elles se coupaient, tranchantes, décidées à faire mal, rebondissaient sur un faux pas, le parodiait pour en forcer le ridicule, riaient, méprisantes, raillaient les approximations. Elles s’épanchaient, s’apitoyaient sur elles-mêmes avec rage, cherchaient les expectorations. Les voix n’avaient aucune pitié.

    Elles finissaient en hurlements, le souffle court, l'inspiration faussée et, étranglées, elles chancelaient. Elles testaient un moment le silence. Anticiper les cris suivants les angoissait. Dans la dureté fixe de l’attente, elles prévoyaient le pire, le pire était à venir. Et quand des cris nouveaux montaient, roulaient et débordaient sur elles, ce n'était pas le soulagement qui les prenait, mais l'impuissance, et la conscience d’avoir à se soumettre à une prochaine attente oppressée.

    Ou bien les voix criaient de s’entendre crier et provoquaient elles-mêmes leur vertige, en déferlantes, en retombées d’éclats et miettes acides réparties autour d’elles.

    Si les voix diminuaient sans une explication jusqu'au fil du murmure, elles se frottaient l’une l’autre en soupirant. Elles se consolaient de se taire, certaines dormaient, déconcertées, d’autres aux aguets respiraient fort en reprenant leur calme. Les voix n’avaient pas d’amour propre, n’apprenaient pas de leurs erreurs, esquivaient les évocations, les résurgences de souvenirs. Les voix n’avaient pas de mémoire, suivaient leur mouvement primitif en se calquant confusément entre elles, sans le comprendre. Les voix étaient des bêtes, regroupées dans un champ, à la nuit tombée, qui se déplacent ensembles, le flanc collé au flanc de la bête voisine.

     

     

     


     

     

     



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    à l'intime

    Papier rectangulaire froissé, 6 cm sur 4, repêché dans la poubelle de la cuisine, au fond du sachet de la pharmacie, jeté parce que récupéré sur le tableau de bord de la voiture, s’y soulevait, les médicaments posés sur le siège du passager, fenêtres ouvertes, le souffle du redémarrage après l’attente chaude à  la voie ferrée, le papier rattrapé au vol et placé dans le sac, qu’il reste là. FIN DE STATIONNEMENT AUTORISÉ puis DATE et HEURE écrit en plus petit. J’étais là-bas (ou là-haut) à 11h15 hier, place des héros, Arras, « Très bien desservie : Paris 175 km par autoroute A 1 : Paris 175 km, Lille 48 ; autoroute A 26 vers, Cambrai, Reims ou Calais - S.N.C.F (Paris-Arras-Lille) TGV (Arras-Lyon) TGV nord : Paris à 50 mn, Lille à 20 mn - Aéroport de Lille Lesquin (30 mn) », et moi à combien de minutes, de kilomètres, de bretelles, de voies rapides, de souvenirs des châteaux d’eau vers qui lever le nez à heures fixes, celui à couronne d’épine avec LIEVIN dessus. Et le carrefour de l’abattoir quand l’abattoir n’existe plus. Et dans le long virage, l’unisson des tracteurs et des pelleteuses rouges, brillantes, posées comme à l’école, assises à regarder les voitures. Et la trouée des arbres guettée au passage, les deux manches blancs du mémorial de Vimy, territoire canadien qui dépasse, un bout de lui, juste le temps de le saisir, les arbres refermés dessus. Place des héros, Arras. La maison la plus vieille, l’escalier de son toit, des briques, quand les autres se font des fioritures grasses et racontent à quoi elles servaient avec un poisson sculpté dans la pierre (la poissonnerie) mais c’est un restaurant maintenant. La place de la Vacquerie plus petite, cachée dans le dos du beffroi, les pompes funèbres qu’il y a, le long, le magasin du mort qui flotte. Loin et ailleurs, maintenant. Ne pas jeter le papier, 11/08/10 à 11:15, prix 0,90€, va savoir pourquoi.

     

     

     

     


     

     


     

     


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    Les sons dessinaient des chemins longilignes, le trajet d’une voiture inscrit en note blanche sur la ligne du sol de la portée, car c’était bien plus simple d’imaginer les pans de bruits sagement empilés, le sol au sol, à hauteur de la route, fil tiré du bitume pour se poser dessus. Les croches et doubles-croches des insectes et roulements de cailloux ajoutés en-dessous sur ces tirets uniques tracés pour l’occasion, pendant que les branchages et ailes bruisseraient bien plus haut, dans l’air, au fa, au si, ou même plus haut encore sur d’autres traits annexes, et l’arabesque de la clé en commencement d’oreille.

    Noter les sons avec le rythme, l’intensité et la hauteur, ou bien en lignes – ces phrases étagées l’une sur l’autre – c’était pareil. Une façon de s’accrocher dans le mouvement sans se dissoudre, d’imposer ses repères dans la cartographie délirante.

    On limitait son propre cercle, un globe transparent posé autour de soi en captation des sons, chocs, moteurs, bruits de pas, feuilles brassées, mains frappées, appels et battements perdus.

    Si le vent rabattait d’autres bruits dans la périphérie connue, alors on pressentait, on constatait que son globe poreux se pressait contre d’autres, d’autres mondes accolés, serrés en galaxies minuscules aux systèmes similaires, bondées de sons indépendants, bois heurté de métal, coups et grondements qui se mélangeaient à leurs frères. Les sons se touchaient et se ressemblaient, se regroupaient par genres pendant que les oreilles appelaient d’autres oreilles, on écoutait tous sans le savoir l'oreille collée aux mêmes sources cette musique que l'on reconstruisait différemment. On avait froid.


    à l'intime

     

     

     

     

     

     

     


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  • Le silence construisait les voix par-dessus les bouches fermées.

    Le silence revendiquait des ponts entre les vides.

    Le silence prenait des forces à sa relance, s’insinuait en  creux, mangeait des miettes de lapements, chuintements saccadés, riens.

    Pendant un instant, on y croyait, on le pensait sérieux, organisé, sélecteur, sélectif, indicateur de temps, indicateur des temps, temps du silence, temps mort, disparition, retrait, mise en exergue, vénération, pensée, respect, réflexion, attention, solitude, attente, attente des temps du silence, attente de sa vénération, attente de réflexions, attente de solitudes, solitude d’attendre, silence, importance du silence de l’attente. On y croyait.

    Et puis non, le silence était vide. Un matamore gonflé de suffisance, tête haute, se réclamant d’une construction solide, assis sur des gravats. Il n’y avait rien à faire. On ne pouvait compter que sur les voix.

    Et sur les sons aussi. C’était un éclatement d’empiètements sur le vide, des sifflements lointains, souffles échappés de vapeur, rails cognés, métal fixe et métal lancé se roulant l’un l’autre, écrasements. Le mélange autonome de pièces inanimées se molestant entre elles, muent par des forces incontrôlables, et les moteurs des camions reprenant leur respiration d’animaux bruyants pendant que les vrais animaux cliquetaient du bec ou que des pattes griffaient le sol mécaniquement.

    Les sons ne s’arrêtaient jamais. C’était un gloussement lointain, une poulie tendue et crissante, un filin en bout de course, la répétition solitaire d’un oiseau, trois notes sans cesse reprises que sa gorge fabriquait à l’identique, qu’elle posait sur une hauteur en réponse à une autre gorge éloignée, trois notes en succession d’elles-mêmes, gorges et ventres remplis de la même volonté obscure de marteler l’appel, de le répercuter d’un point à l’autre dans le voyage aléatoire des lignes d’un fil électrique à un autre, tirant des droites neuves en l’air. Les sons dessinaient des chemins comme les voix annonçaient les corps.



    à l'intime





















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  • à l'intime

    Les voix formaient des chœurs. Lorsqu’elles montaient, s’enflaient ensemble dans la même direction, on se sentait d’abord tétanisé. Puis, pris dans un essor venu de toutes parts, presque encerclé par lui, on épousait sa forme, bien déterminé à rejoindre et tenir la note promise. La cage thoracique s’élargissait, la gorge se gonflait de gratitude et de soulagement, avec le sentiment d’être enfin accueilli quelque part au terme d’un long voyage décourageant. Si les voix diminuaient, se délitaient, même légèrement, une tension remontait alors le long de la nuque et traversait la mâchoire se déplaçant en courant électrique. Et l’on guettait le moindre souffle ou murmure qui prédirait la grande remontée enveloppante, on n’était plus qu’attente mélangée d’impatience et d’incrédulité. Le roulement large emportait divinement, déplaçait les seuils d’équilibre et agissait en drogue. Une force non raisonnable, effrayante, qu’il fallait suivre ou endurer, en figeant sa pensée à la seconde présente et en se limitant à elle. Le futur forgé en entonnoir vers cet unisson grave et la dissolution volontaire de soi. Les voix étaient dangereuses, la beauté de l’oubli menaçante. Comme une lueur trop forte capable d’éblouir jusqu’à la cécité d’un point de non retour.

    Quand les chœurs se taisaient, on recouvrait son corps en doutant d’être emmené à nouveau hors de lui. On se projetait alors au milieu des salves de sons, attentif aux syllabes rêches, aux mots lancés en clair battant de  cloche, decrescendo de cris et résonnances, échos dépliés en rythme de jouet fatigué, martèlements, roulis diffus imprévisibles.

    Le silence qui suivait faisait place au rebond ou à l’échappée cristalline. Le silence construisait les voix par-dessus les bouches fermées. Le silence préparait le sens attendu, insufflé bientôt par le solo de chacune de ces voix multipliées, l'une après l'autre unique et répercutée en cascade.

     

     

     

     

     

     

     


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    à l'intime
    Murmures et claquements de langue, note de bourdon soutenue, respiration, souffles, raclements, les voix étaient des corps pétris de tendons et de chair. Les plus lourdes trainaient avec elles leurs bourrelets et leurs plis. Les entendre altérait la pudeur et choquait malgré soi, comme une obligation de se frotter à des gens nus, bruyant, bestiaux, la contrainte de se coller à eux dans l’écœurement d’une zone intime, sous des rideaux de douche ou le dessous des draps, la tête collée à leurs bouches, leurs gencives exposées, des gouttes de salive en suspension. Ces  voix puaient et l’on mettait du temps à déceler l’origine profonde du dégout ressenti, sûrement cette vue plongeante, vertigineuse, en plein sur la fragilité humaine, la finitude de l’être, son imperfection déprimante, cet à-peu-près visible étalé dans les lignes et les courbes détraquées, dans la pensée réduite à l’épaisseur d’un fil tremblé et distendu, dans la graisse d’une corde vocale malformée. Les voix lourdes inspiraient répulsion, étourdissement. On cherchait une issue, un écart, on en appelait aux voix fluettes, aux anodines.

    Elles étaient difficiles à extraire de la vague commune, et la concentration pour isoler ces perles éloignait la nausée latente. C’était une solution pour obscurcir, raturer le dégout, une porte ouverte vers un oubli durable qui pouvait affirmer (et presque sans mentir) que les voix lourdes n’existaient pas ou n’avaient jamais existées, n’étaient que de vagues concepts agités par des fous, des rumeurs dénuées de consistance, des inventions malignes seulement utiles à faire peur aux enfants et aux faibles d’esprit. On en sortait rassuré, rasséréné et supérieur.

    Les voix fines étaient calmes. Non pas centrées sur l’effet qu’elles voulaient produire mais tournées vers l’intérieur d’elles-mêmes, comme en lévitation. Les voix fines ne s’écoutaient pas, ne se roulaient pas dans l’épaisseur de leurs sons comme de vulgaires chiots, mais se tenaient debout, immobiles. Les voix fines parlaient plus haut. Elles touchaient à un point physiquement pur, une sorte d’arc-boutant de verre cintré d’une clef de voûte délicate et transparente. Les voix fines savaient se désincarner, et par ce chemin éthéré, touchaient plus sûrement et plus directement un centre, l’ultime de l’humain, sa rareté essentielle.

    Les voix étaient contradictoires. Trop humaines ou pas assez, trop palpables ou trop aériennes, elles formaient ensemble un clair-obscur étrange où l’on ne pouvait fixer ni la lumière ni la nuit très longtemps. Il fallait s’éloigner un peu, prendre le large, pour éprouver pleinement ce que les voix charriaient, cet étalage complexe de nuances déclinées, reflétées dans un miroir au tain sidérant, dans l’infini des formes réfléchies, dans le jeu des attractions et répulsions successives. Et la prise de conscience soudaine, cette  certitude ahurissante que nous, nous étions le miroir.

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  • à l'intime

    Les voix venaient de toutes parts. Il suffisait de s’installer en un point et d’y rester pour les entendre. Certaines alternées se répondaient dans une chorégraphie inquiète. D’autres, altérées, soliloquaient, se recoupaient, se chevauchaient sans le désir de s’effacer l’une l’autre, se recouvrant pourtant en installant une hiérarchie induite, un domaine de non droit où la teneur des plus faibles s’effaçait sous la clameur dominante.

    Les voix venaient de toutes parts. Elles se saluaient et devisaient, le temps et la lune rousse désignés dans le même blanc de ciel. Elles dissimulaient les approximations sous des sourires rigides et les bouches imitaient le bien être ou la sympathie facilement, avec l’aisance de l’habitude d’avoir à porter ce masque en public, sans décision consciente.

    Les voix chantaient des mécanismes, s’attendaient, se relançaient entre elles sans se répondre. Elles créaient une musique constante, inoffensive, un bourdonnement léger de berceuse molle. S’approcher d’elles et en isoler une dévoilait le chaos. Elles sonnaient alors, inégales, divergentes au possible. Rétablir la distance, l’écartement, apaisait un instant la certitude d’être submergé dangereusement.

    Les voix portaient des tessitures, portaient des corps. Elles les imposaient. La gravité du ton, l’éraillement d’une syllabe, la sueur et la peur transpiraient dans le son, s’en échappaient sans le quitter, le constituaient, accompagnaient le bras levé, le mouvement du poignet, se traversaient du corps et l’annonçaient. Les voix étaient des proues en marche prévenant que des membres, têtes et os et regards allaient suivre. Les voix préfiguraient les corps, suffisantes en elles-mêmes. Si l’on fermait les yeux, les voix investissaient l’espace, comblaient les vides et déplaçaient les formes en lieu et place des corps. Les voix rendaient les corps tangibles et inutiles. Les voix étaient les corps.

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

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  •         Arracher dans la terre humide. Les doigts et les paumes nues, c’est ce qui attrape mieux les tiges et les gants sont jetés à plat sur les cailloux, peaux protectrices mortes. Écarter les brins verts, ceux de ces trèfles repliés qui donnent des fleurettes jaunes, pour encercler les barres creuses des chardons, ne pas les casser avant la racine, enrouler les feuilles, tirer, s’étonner d’une flagrance de menthe ou d’estragon.
            Lever la tête, saluer la voisine d’à côté, âgée, fille d’émigrés polonais, qui garde précieusement ses disques, tout Jean Ferrat, quel homme c’était, qu’est-ce que c’est beau. Saluer la voisine d’en face, maintenant retraitée, quarante ans de travail, militante, se battre la journée ni ménager sa peine et retrouver le soir sa mère qui, vers dix-huit heures, rassemble ses affaires et veut rentrer chez elle quand elle y est déjà, Qui es-tu ? Va me chercher ma fille, elle demandait. Maintenant seule, s’inquiète de l’orage annoncé, connait les phases de la lune, m’indique le nom de chacune des feuilles vertes illisibles à mes pieds et, tout en déchiffrant ce fouillis s'excuse, ajoute qu’elle n’y connaît rien, que c’était sa maman qui faisait le jardin.


    à l'intime

















































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  • sur le sachet était indiqué que les fleurs seraient jaunes ou orange
    à l'intime
    à l'intime





































    mais y'a des hooligans partout



    plein d'idées en ce moment et des chemins neufs, et l'idée qu'internet donne matière à explorer ce qu'on n'imaginait pas, nourritures et réactions, réponses et appropriations, rebondir sur les trampolines qui se présentent et inventer des sauts qu'on ne savait pas faire, peut-être pas des sauts très novateurs par rapport au monde, mais si nouveaux par rapport à soi qu'on n'a qu'une envie, remonter sur les ressorts et voir les tentatives sortir de terre comme des fleurs contestataires














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  •            à l'intime










    Cette histoire de carotte dans les glaces, enfoncer un tube de métal jusque loin, très loin, répertorier des tranches de temps superposées, y traquer des indices pour savoir comment se fabrique l’endroit où on pose les pieds


    Les mots lus entendus les livres, ça part du fond depuis l'enfance l'empilement de feuilles découpées en rondelles Les premières cartonnées épaisses colorées, imagiers alphabets Puis plus fines mais les lettres encore grosses, Enid Blyton sûrement dedans Plus minces les tranches, leur variation étrange, couleur sépia ou grisé pâle, formats de poche, atlas, certaines cornées, d’autres si lisses qu’elles se collent aux suivantes, extraits compacts en rime en prose Les chocs, les feuilles répétées relues et redites à voix haute, ça fait des tranches semblables où la parole vibre et dans les blancs la main comme elle accompagne les silences Les déversées en flots, tellement de flots d’une faim énorme, ça coule, tête secouée et yeux ouverts si tu voyais comme ça résonne dedans Et d’autres tranches, volatiles, venues d’autre part, mouvances  lancées sur le tableau de bord, bordées de sons croisées d’images, routes transversales vers d’autres, leurs autres mots qui enflent et passent et se piquent dans la surface si fine des disques empilés


    J’ai pensé à ça cette nuit, qu’on trimbalait tous avec nous notre tube, lamelles rondes de pages accumulées longilignes, mots debout à côté de nous. On le tient, serré contre soi un bras passé autour. Et lui bouge l'endroit où on pose les pieds pendant qu'on marche

     

     

     

     


     

     

     

     


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