Les haies les unes à la suite des autres, en ribambelle jusqu’au bout. Corsetées d’un grillage, épandues, déchiquetées par contrainte, soulevées de barrières coquettes, striées de barreaux noirs, grilles austères débordées, pendantes autour d’un fer à cheval, aplaties derrière un goret de terre cuite rigolard. Noisetier, aubépines, thuyas, saules, cytises, troènes, feuilles larges d’un vert doux, étendues comme une main ouverte paume au soleil qui rend grâce. Vigoureux les pois de senteur, raides de sève, au garde à vous, de loin pourraient sembler une structure de sauterelles vertes énormes, entrelacées, montées en échafaudage végétal, acrobates au summum de leur numéro. Je ne sais si elles saluent, un genou en terre, quand que je m’éloigne soufflée par la sauvagerie et l’air chaud d’un autobus.

