• des haies









    Les haies les unes à la suite des autres, en ribambelle jusqu’au bout. Corsetées d’un grillage, épandues, déchiquetées par contrainte, soulevées de barrières coquettes, striées de barreaux noirs, grilles austères débordées, pendantes autour d’un fer à cheval, aplaties derrière un goret de terre cuite rigolard. Noisetier, aubépines, thuyas, saules, cytises, troènes, feuilles larges d’un vert doux, étendues comme une main ouverte paume au soleil qui rend grâce. Vigoureux les pois de senteur, raides de sève, au garde à vous, de loin pourraient sembler une structure de sauterelles vertes énormes, entrelacées, montées en échafaudage végétal, acrobates au summum de leur numéro. Je ne sais si elles saluent, un genou en terre, quand que je m’éloigne soufflée par la sauvagerie et l’air chaud d’un autobus.


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    « Jean-Yves Fick, dans Sur un fil -Vases communicants de juin-1 »

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  • Commentaires

    1
    brigetoun
    Lundi 7 Juin 2010 à 18:37
    ébauche d'architecture avec, dans les meilleurs cas, une touche de fantaisie (rare à vrai dire)
    2
    Lundi 7 Juin 2010 à 18:41
    dans ma rue souvent des tiges s'échappent en folies (une rue de personnes vieillissantes peut-être, qui taillent leurs haies au jugé, à tâtons - hou je finirai en enfer à dire des choses comme ça)
    3
    Lundi 7 Juin 2010 à 22:16
    Pfiou ! ça a l'air bien là-bas, ta description est vraiment bien.
    4
    Mardi 8 Juin 2010 à 07:39
    Merci de me ramener si fort à la puissance de la sève.
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