• habitacles

     

     

    avis de déménagement

    NOUVELLE ADRESSE ICI

     

    habitacles

     

    en vers justifiés

    le nombre accolé au titre correspond au nombre de signes par lignes



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    Habitacle /26

     

     

    habitacle nuit non-sommeil

    au noir nuit no-contours à

    entendre à écoute attentif

    aux voix voix vives lentes

    vers elles calfeutré roulé

    soi radio allumée continue

    lumière verte constante et

    l’annonce faite à la sonne

    l’heure vienne la nuit non

    sommeil no-pays autre quel

    autre pays souterrain sous

    la ligne de flottaison des

    lits on risque s’y enfonce

    prenne garde largue fléchi

    lâche déléguer aux voix le

    sens numéros se suivent du

    reste déversé l’effacement

    ouvert habitacle no limite

     

     

     


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    Habitacle /52

     

     

     

    se garer préparer le jeton l’insérer tirer vers soi

    d’un coup sec ça ne marche pas pester et prendre un

    autre caddie celui-là mouillé ticket oublié au fond

    avec emballage vide et feuille de salade isolée une

    feuille flétrie regards passage sur tapis noir rond

    portes tournantes vague d’air chaud brutale regards

    alignements de couleurs hôtesses étiquettes ballons

    allumés numérotés et moins trente pour cent regards

    une petite fille à grosses bottes roses un homme en

    veste de jean tatouages une femme âgée mince sur sa

    tête un béret gris ses lunettes au bout d’un fil or

    regards jeune bouche pincée ventre large et boucles

    carte code regards téléphone sorti elle le colle se

    détourne parle bas frotte le front frotte bas de la

    lèvre le tord sérieux yeux au loin oui oui dit-elle

    d’accord range ses yeux indécis son sac matelassé à

    strass vide les courses une par une se pencher pour

    attraper au fond poser ça échappe des mains roulant

    voir une goutte en forme de H sur le tapis luire et

    le visage d’une fille peinte sourire hollywood elle

    plus loin regarde son ticket main dans les poches à

    attendre pas commun ou désarticulé tournent les pas

    chemin inverse puis récupérer le jeton le conserver

    à un endroit précis recommencer un autre jour cette

    noyade désarmante ce collage contre à où vont-ils ?

     

     

     

     

     


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    Habitacle /30


     

    dans ma rue les platanes sont

    des menorahs une machine sans

    pitié à tête rouge s’approche

    les broie crache les branches

    brindilles l’homme escalade à

    grandes jambes le tronc quand

    l’autre chevauche le cou à la

    gueule de fer puis toutes ces

    sèves mixées foncent la taule

    du camion se recouvre ces tas

    n’ont pas plus de couleur que

    les feuilles charpie mélangée

    de restes de pensées platanes

    être arbre en crainte stoïque

    ils sont habitacles rangés et

    sourds la nuit le camion part




     


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    Habitacle /35

     

     

    habitacle du corps rendu et ramassé

    autour de soi rondes des bras ronds

    écoutilles fermées les yeux tournés

    vers l’intérieur si douleur si âcre

    ce que les chats ressentent eux qui

    savent qu’ils vont mourir partent à

    l’aveugle se recroquevillent las et

    si las pattes torves si las le poil

    serré ramassé en paquets de cendres

    le corps tourné vers l’intérieur et

    les paupières de simples rideaux de

    rhodoïd faillibles ensuite attendre

    ce que l’habitacle offre fine trêve

    s’y couler comme on plonge délestés

    oublieux des chats éclipsés pendant

    l’instant qu’on fait durer une note

    poussée lancée jusqu’à plus souffle

    les bras capables de se désarrondir

     

     

     

     


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    Habitacle 38

     

     

     

    il tombe tout autour et c’est la pluie

    pluie habitacle chapeau ciré sur l’œil

    forêt secrète en attente en face de la

    rue inaccessible les voitures défilent

    sans s’y frotter personne ne reste ils

    se sauvent dans leurs habitacles-métal

    à quoi ressemble au fond du sentier la

    grosse pierre noire qui sait seule aux

    oiseaux comme une sculpture de femme à

    bosse dormante le geai vif larme bleue

    sur l’aile fuit traversé d’air jaillit

    gicle de gouttes et le bruit de moteur

    reprend éclabousse la forêt ignorée de

    l’indifférence des camions surprise de

    flaques vue fugitive de fonte d’un lac

    fonte de neiges lac étendue d’eau mais

    de la taille d’une mouche ou moins que

    ça il pleut autour la pluie trace dans

    ses verticales des vitres minuscules à

    vivre c’est le temps passé à ôter avec

    insistance la buée sans fin singulière

    sans fin juste l'index pour s'orienter

     

     

     

     

     


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    Habitacle 16

     

     

     

    journée de deuil

    qu’on anticipe à

    rebours qui dure

    plus long que le

    temps indiqué un

    chiffre bête une

    année coupée ras

    l’avant et après

    la fuite détails

    fuite visages en

    fuite on a suivi

    la voiture noire

    et puis retour à

    un matin absence

    la première nuit

    le manque cavité

    jambes tranchées

    flotter sans ses

    attaches constat

    nié n’arrête pas

    journée de deuil

     

     

     

     


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    Habitacle 33

     

     

     

    cuisine lumière sur bancs de bois

    poêle à revêtement de pierre doux

    l’accord entre les voix indique à

    la cantonade les couverts clic et

    clac rousse la sauce et rousse la

    lune puis la fin du repas chavire

    chacun débarrasse son plat hormis

    la lune calme rondement distraite

     

     

     

     

     

     


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    Habitacle 42

     

     

     

    habitacle de voiture grise l’avancée brume

    devant les phares et flaques aux bas-côtés

    branches pourpres et cognassiers phalanges

    dressées ou cassées sur fond de gris lourd

    ciel pâli un pont dit JE T’AIME MA BRIOCHE

    sacs pliés et herbes pliées vertes tendres

    poubelles rouges éteintes volets bas bruns

    près de l’étang des formes blanches meutes

    de cigognes ou hérons comme pétales géants

    sur pied unique clignotant d’un côté mains

    à plat au volant clignotant de l’autre que

    l’essuie-glace hypnotise habitacle gouttes

    ligne continue on continue tirets tirés on

    respire à petits coups tristesses du grave

    le monument aux morts casque de plomb file

    on a vu sa couleur de fer mais pourquoi on

    l’a enrobé de guirlandes l’oubli à cubrial

    un bouleau est mort arraché racines sèches

    les palissades lasses du château les parcs

    à caravane bidons tonneaux seaux renversés

    les pères noël dégonflés l’hiver qui roule

     

     


     


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    Habitacle 21

     

     

    renfermement au poste

    de travail les replis

    les replis répétés se

    doublent si redoublés

    se dédoublent infinis

    les couches succèdent

    aux couches réitérées

    fasse qu’enfermements

    remplissent composent

    compost ouvrent abîme

    mol souple déployé et

    que s’y sente bien le

    passant de passage la

    passante tête-à-têtes

    si semblable rarement

    différent juste je me

    renferme pour le voir

    mieux travaille posté

    poste guet aux aguets

    même si c’est face au

    mur écrire écrit seul

    visible lui à travers

     

     

     


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    Habitacle /46

     


    cheminée de pierres sable et chandeliers dorés

    fauteuils recouverts de rideaux pourpres pliés

    une statue à l’angle du piano veille blanche à

    mains jointes coudes ronds avec belles épaules

    chaleur de verveine le chat se toilette guette

    une indication change d’avis se lèche saute et

    renifle un mollet paisible par la fenêtre fixe

    l’eau au ciel gris la fontaine endormie froide

    feuilles mortes de bourbe humus sourd renferme

    l’automne rude mort nous parlons quand viendra

    le temps des beaux jours et s’ils arrivent qui

    entendra le premier chant ensuite partir creux

    de silence rues en pente descendre tomber avec

    la mesure prise de l’attente lente qui demeure

     

     

     

     

     


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