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habitacles

en vers justifiés
le nombre accolé au titre correspond au nombre de signes par lignes
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Par cjeanney dans habitacles le 10 Janvier 2012 à 13:46
Habitacle /26
habitacle nuit non-sommeil
au noir nuit no-contours à
entendre à écoute attentif
aux voix voix vives lentes
vers elles calfeutré roulé
soi radio allumée continue
lumière verte constante et
l’annonce faite à la sonne
l’heure vienne la nuit non
sommeil no-pays autre quel
autre pays souterrain sous
la ligne de flottaison des
lits on risque s’y enfonce
prenne garde largue fléchi
lâche déléguer aux voix le
sens numéros se suivent du
reste déversé l’effacement
ouvert habitacle no limite
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Par cjeanney dans habitacles le 7 Janvier 2012 à 19:42
Habitacle /52
se garer préparer le jeton l’insérer tirer vers soi
d’un coup sec ça ne marche pas pester et prendre un
autre caddie celui-là mouillé ticket oublié au fond
avec emballage vide et feuille de salade isolée une
feuille flétrie regards passage sur tapis noir rond
portes tournantes vague d’air chaud brutale regards
alignements de couleurs hôtesses étiquettes ballons
allumés numérotés et moins trente pour cent regards
une petite fille à grosses bottes roses un homme en
veste de jean tatouages une femme âgée mince sur sa
tête un béret gris ses lunettes au bout d’un fil or
regards jeune bouche pincée ventre large et boucles
carte code regards téléphone sorti elle le colle se
détourne parle bas frotte le front frotte bas de la
lèvre le tord sérieux yeux au loin oui oui dit-elle
d’accord range ses yeux indécis son sac matelassé à
strass vide les courses une par une se pencher pour
attraper au fond poser ça échappe des mains roulant
voir une goutte en forme de H sur le tapis luire et
le visage d’une fille peinte sourire hollywood elle
plus loin regarde son ticket main dans les poches à
attendre pas commun ou désarticulé tournent les pas
chemin inverse puis récupérer le jeton le conserver
à un endroit précis recommencer un autre jour cette
noyade désarmante ce collage contre à où vont-ils ?
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Par cjeanney dans habitacles le 4 Janvier 2012 à 13:47
Habitacle /30
dans ma rue les platanes sont
des menorahs une machine sans
pitié à tête rouge s’approche
les broie crache les branches
brindilles l’homme escalade à
grandes jambes le tronc quand
l’autre chevauche le cou à la
gueule de fer puis toutes ces
sèves mixées foncent la taule
du camion se recouvre ces tas
n’ont pas plus de couleur que
les feuilles charpie mélangée
de restes de pensées platanes
être arbre en crainte stoïque
ils sont habitacles rangés et
sourds la nuit le camion part
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Par cjeanney dans habitacles le 3 Janvier 2012 à 14:32
Habitacle /35
habitacle du corps rendu et ramassé
autour de soi rondes des bras ronds
écoutilles fermées les yeux tournés
vers l’intérieur si douleur si âcre
ce que les chats ressentent eux qui
savent qu’ils vont mourir partent à
l’aveugle se recroquevillent las et
si las pattes torves si las le poil
serré ramassé en paquets de cendres
le corps tourné vers l’intérieur et
les paupières de simples rideaux de
rhodoïd faillibles ensuite attendre
ce que l’habitacle offre fine trêve
s’y couler comme on plonge délestés
oublieux des chats éclipsés pendant
l’instant qu’on fait durer une note
poussée lancée jusqu’à plus souffle
les bras capables de se désarrondir
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Par cjeanney dans habitacles le 2 Janvier 2012 à 13:25
Habitacle 38
il tombe tout autour et c’est la pluie
pluie habitacle chapeau ciré sur l’œil
forêt secrète en attente en face de la
rue inaccessible les voitures défilent
sans s’y frotter personne ne reste ils
se sauvent dans leurs habitacles-métal
à quoi ressemble au fond du sentier la
grosse pierre noire qui sait seule aux
oiseaux comme une sculpture de femme à
bosse dormante le geai vif larme bleue
sur l’aile fuit traversé d’air jaillit
gicle de gouttes et le bruit de moteur
reprend éclabousse la forêt ignorée de
l’indifférence des camions surprise de
flaques vue fugitive de fonte d’un lac
fonte de neiges lac étendue d’eau mais
de la taille d’une mouche ou moins que
ça il pleut autour la pluie trace dans
ses verticales des vitres minuscules à
vivre c’est le temps passé à ôter avec
insistance la buée sans fin singulière
sans fin juste l'index pour s'orienter
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Par cjeanney dans habitacles le 1 Janvier 2012 à 19:30
Habitacle 16
journée de deuil
qu’on anticipe à
rebours qui dure
plus long que le
temps indiqué un
chiffre bête une
année coupée ras
l’avant et après
la fuite détails
fuite visages en
fuite on a suivi
la voiture noire
et puis retour à
un matin absence
la première nuit
le manque cavité
jambes tranchées
flotter sans ses
attaches constat
nié n’arrête pas
journée de deuil
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Par cjeanney dans habitacles le 1 Janvier 2012 à 11:24
Habitacle 33
cuisine lumière sur bancs de bois
poêle à revêtement de pierre doux
l’accord entre les voix indique à
la cantonade les couverts clic et
clac rousse la sauce et rousse la
lune puis la fin du repas chavire
chacun débarrasse son plat hormis
la lune calme rondement distraite
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Par cjeanney dans habitacles le 31 Décembre 2011 à 14:43
Habitacle 42
habitacle de voiture grise l’avancée brume
devant les phares et flaques aux bas-côtés
branches pourpres et cognassiers phalanges
dressées ou cassées sur fond de gris lourd
ciel pâli un pont dit JE T’AIME MA BRIOCHE
sacs pliés et herbes pliées vertes tendres
poubelles rouges éteintes volets bas bruns
près de l’étang des formes blanches meutes
de cigognes ou hérons comme pétales géants
sur pied unique clignotant d’un côté mains
à plat au volant clignotant de l’autre que
l’essuie-glace hypnotise habitacle gouttes
ligne continue on continue tirets tirés on
respire à petits coups tristesses du grave
le monument aux morts casque de plomb file
on a vu sa couleur de fer mais pourquoi on
l’a enrobé de guirlandes l’oubli à cubrial
un bouleau est mort arraché racines sèches
les palissades lasses du château les parcs
à caravane bidons tonneaux seaux renversés
les pères noël dégonflés l’hiver qui roule
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Par cjeanney dans habitacles le 30 Décembre 2011 à 18:47
Habitacle 21
renfermement au poste
de travail les replis
les replis répétés se
doublent si redoublés
se dédoublent infinis
les couches succèdent
aux couches réitérées
fasse qu’enfermements
remplissent composent
compost ouvrent abîme
mol souple déployé et
que s’y sente bien le
passant de passage la
passante tête-à-têtes
si semblable rarement
différent juste je me
renferme pour le voir
mieux travaille posté
poste guet aux aguets
même si c’est face au
mur écrire écrit seul
visible lui à travers
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Par cjeanney dans habitacles le 29 Décembre 2011 à 18:31
Habitacle /46
cheminée de pierres sable et chandeliers dorés
fauteuils recouverts de rideaux pourpres pliés
une statue à l’angle du piano veille blanche à
mains jointes coudes ronds avec belles épaules
chaleur de verveine le chat se toilette guette
une indication change d’avis se lèche saute et
renifle un mollet paisible par la fenêtre fixe
l’eau au ciel gris la fontaine endormie froide
feuilles mortes de bourbe humus sourd renferme
l’automne rude mort nous parlons quand viendra
le temps des beaux jours et s’ils arrivent qui
entendra le premier chant ensuite partir creux
de silence rues en pente descendre tomber avec
la mesure prise de l’attente lente qui demeure
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