• ollo (Où Lire Les Oloé ?)

     

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    ai lu les oloé ici, à cet endroit, il n’y avait rien à voir par la fenêtre et pas de bruit, à 14 h les bus ne passent plus dans la rue, doivent se reposer ailleurs dans un entrepôt inconnu, peut-être désert, reprendront vers 16 h leur ronde, arriver au collège, ramener les kilos de sacs, de notes, de détresses et des blagues incompréhensibles (du moins pour moi qui n’ai pas assisté au cours de * et je le regrette), repartir

    ai lu les oloé en grand silence, je n’avais pas branché france musique sur l’autre ordinateur comme d’habitude, non par choix mais cette fatigue de se lever parfois, juste capable de me caler la cheville sous la pliure du genou en faisant un peu tourner le fauteuil, bercée du bout du pied (toujours là que la semelle se décolle) et pas plus

    quand lu les oloé étonnée des photos, bien sûr je connais l’écriture d’Anne, je sens, je sais comme elle va ouvrir des portes et secouer les rideaux, faire le neuf avec un décor simple, vivifier les lignes des murs, elle s’y connait en lieux (pensé à Franck) mais ses photos, on ne parle jamais de ses photos. Elles ne décorent pas même si décoratives, elles existent sur un autre mode, ce serait comme un changement de ton ou une basse, ou un mot précis dans une phrase qui n‘était pas censé se trouver là et qu’elle tapote, gratte de l’index, tu as vu ? voilà ce qu’elles disent, une question, une humeur, me suis laissée prendre par les photos plus que d’habitude, me suis assise à sa place devant le jardin vert et la chaise, en face d’elle, les pieds dans la terre

    quand lu les oloé pris un grand café expresso (toujours faire attention, la tasse, la cuillère, le fil de la souris, le rat, un grand miracle sur cette petite table que je ne le renverse pas) au moment de lire « Grande salle, petite salle, scène surélevée ou non » ai entendu la voix d’Anne, vu sa posture, ses cheveux, l’intonation des phrases l’ai retrouvée à cause de la vidéo de la lecture D'ici Là, ça prenait plus de force d’un coup, force physique, tension, réalité

    quand lu les oloé ai pensé à Béthune, où étais-tu quand j’y étais, où était Franck ? et la gare d’Arras bien sûr, la passerelle de fer, ça reste pour moi une gare mince, un T à l’envers relié au pas rapide d’un homme qui va acheter du pain, pensé à lui, puis suis revenue aux oloé très vite « vertige de tout ce plein, des directions à prendre »

    et puis Franck, quand lu les oloé, me suis dit que je portais un bout de Franck avec moi, c’était comme ça, mes fantômes, tes fantômes, tous nos fantômes ensemble, une belle farandole ils font, qui pince le cœur, sans rien savoir de leurs visages porter en soi des gens, les épaissir et qu’ils nous épaississent (c’est impalpable, indiscutable, inexplicable, je n’arrive pas à l’exprimer comme il faudrait, mais j’y travaille)

    ai lu les oloé, à la fin il pleuvait mais pas d’orage, donc pas besoin de débrancher, une femme dans la rue, pressée, sans parapluie, moi au sec derrière le rideau, sélectionner copier-coller un pan de texte remuant et deux photos, les mettre sur mon blog et lutter contre cette police de caractère bizarre qui ziguouiguouise, enregistrer vos modifications (ça aussi j'y travaille, à enregistrer mes modifications, très souvent, et là, maintenant, j’ai essayé)

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 27 Mai 2011 à 00:55
    Pierre R. Chantelois

    Me semble-t-il que Anne Savelli a marqué une belle journée de lecture. Apprendre par le talent des autres n'est-ce pas là le plus beau partage qui soit?

    2
    Samedi 28 Mai 2011 à 16:49

    "sans rien savoir de leurs visages porter en soi des gens" : Franck non décrit, en effet, dans 'Franck', mais peut-être qu'un jour je ferai le contraire.

    Merci beaucoup, Christine.

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