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liste de 4 choses à faire/dire/penser sur photo offerte (cliquez dessus pour la voir mieux)
vos contributions photographiques bienvenues à pagesapages@yahoo.fr
et sur idée de Florence Trocmé, pourquoi ne pas prolonger dans les commentaires "vers un extrait du net en rapport avec, soit une citation, soit un site.... basé sur la plus libre association possible "?
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Par cjeanney dans todo liste le 21 Mai 2012 à 00:01
photo @ana nb
- nuit de lune, pleine nuit, les pâquerettes dorment aussi
- ou pas, ce que je ne vois pas existe et se tortille
- il en faut de l'abnégation, de la constance, il y a de saines victoires et des chutes précises dans le noir, leur trajectoire se décide à l'avance et quel que soit l'impact elles n'ont pas peur, gardent les yeux fermés
- c'est liquide, c'est gazeux, c'est velours, c'est chantier, c'est rythme, c'est alangui, c'est lourd, c'est sauvagement plane, c'est catastrophe, c'est douceur incomprise, c'est départ, c'est retour, c'est courbe en ascendance et doigts petits qui reconstruisent le vide chaque matin
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Par cjeanney dans todo liste le 20 Mai 2012 à 00:01
photo @cécile portier
- quand tu reviendras, ça sera la fin de l'après-midi, le soleil s'en va doucement en laissant traîner ses rayons, le weigelia rampe ses branches douloureuses, tu seras bien étonnée de voir l'ébauche de rose dur qu'il nous prépare
- une fois ouverts tous les volets, les sacs vidés, il y aura le balai à passer sur la terrasse, là où le rhododendron (nom ridicule et arrogant, mais ses feuilles simples) aura laissé tomber l'enveloppe blanche de ses fleurs, piquetée de roux, sont toutes froissées et molles de fatigue les si jolies trompettes
- les coups de téléphone pour prévenir, oui, c'est fini, il y a des pans entiers comme ça qui disparaissent et des voitures ne font pas demi-tour, qu'on n'avait pas prévu
- tu fouilleras dans les armoires calmement, en le faisant tu verras que tes bras tes mains ne font pas les mouvements habituels, on dirait qu'ils hésitent, traversent une couche de coton, brouillard flottant, et que cela les force à garder la distance, quoi qu'ils touchent ils ne déplacent rien
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Par cjeanney dans todo liste le 19 Mai 2012 à 00:01
photo @anne savelli
- mai mai mai paris mai who claims that I am the one (les chansons tournent sur elles-mêmes et se tordent le cou pour se chercher, se trouver, puis quand c'est fait, se racontent d'où elles viennent, par quels miracles et quels chemins elles sont passées et comme on se les dit parfois sans un sourire, parce que c'est grave une chanson)
- (tu vois, je n'ai pas oublié)
- (bien sûr les visages se déchirent, tous)
- (en noir & blanc les fronts, les regards ne se quittent plus, pris en sursis dans l'ambre, les épaules ne se meuvent plus, temples de pierres - pierres glacées - glacées d'effroi - froid de tendresse - tendresse infuse - fuse la parole interdite de la chanson jamais écrite) mai mai mais
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Par cjeanney dans todo liste le 18 Mai 2012 à 00:01
photo @pierre cohen hadria
- s'en va, s'enfuit, incognito, à pas de catimini
- mauvais augure l'oiseau, mais la Croix Rouge fait rempart
- brave petit, peuple de l'ombre des panneaux, discret bosseur, tâcheron zélé, escalade l'enseigne verte pharmaceutique, quand en redescendra, sentira le camphre et le myrte
- déroule les échelles aux balcons, tambourine les tuiles, souffle les cheminées au noir, jugement dernier ou fuite, fumée, horloge sans heure escamotée, cadran raté taré tagué, blanc sous le bras, tu disparais (c'est pour ça que la ville est grise)
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Par cjeanney dans todo liste le 17 Mai 2012 à 00:01
photo @françois rascal
- avoir roulé ou l'inverse, le paysage me roule, un écart évite le cadavre du hérisson, et la boule orange repliée touffue brune ronde informe noirâtre, rangée, poussée au bas côté, tu étais renard, longtemps déjà, où ça, dans le pays de il était une fois
- après certains virages, l'abandon des rives, les objets qu'on laisse s'y fanent, c'est que la lumière forte et le vent captent, les broient avec lenteur, presque délicatesse
- la nuit de petits oiseaux campent entre deux boîtes, aussi les chats perdus
- je ne peux pas te sauver / j'ai beau vouloir vouloir / m'exclamer, agiter tous mes membres / de l'orage dehors / verticale pluie froide / les iris non plus je ne peux pas / le savoir, en être bien consciente, et te sauver quand même
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Par cjeanney dans todo liste le 16 Mai 2012 à 00:01
photo @brigitte muairon
- un panneau intérieur s’ouvrait en coulissant et un visage apparaissait, lançant peut-être un Quivala inquiet
- "Allons, Manant, ouvre à ton maître !" on répondait du tac au tac, en cherchant de la main, derrière soi, à tâtons, un détail assorti (cheval piaffant, chapeau à plumes, bottes altières ou ferrets de la reine)
- Ah non, c'est un peu court jeune homme, il rétorquait (diable, ce guichetier avait des lettres)
- "Donc vous n'êtes pas Monsieur Jambier, quarante-cinq rue Poliveau ?" on demandait d'une petite voix, on s'excusait vingt fois, on tripotait son plan de la ville, on prenait un regard contrit, et si ça ne marchait pas, alors on se lâchait, on répétait, jusqu'à alerter les passants, hurlant, poumons à l'apogée "Jambier ! quarante-cinq rue Poliveau !" (preuve que ce genre de porte provoque des réactions déraisonnables)
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Par cjeanney dans todo liste le 15 Mai 2012 à 08:01
photo @dominique hasselmann
- sèche bricoles usagées, jupettes tambour major sèche
- sèche sèchera os de seiche sèche ah ça ira, sèche la chansonnette (c'est dur à dire) la pluie sur Nantes donne-moi la main
- tournenvol et soufflerie là sèche mes matins usagés mes broutilles et bricoles mouillées, sèche les poussettes inutiles qu'on poussait, du cidre sur la table, l'odeur de lande sèche, on s'est assis ce jour-là ce moment-là face aux rochers on avait l'impression d'avoir trouvé la terre, enfin chez nous
- ronronnements, endormissements d'autres soirs où on avait peur du matin peur de l'aube comme on est fragiles, une peur sèche, finalement c'est derrière, t'en souvient-il des matins de réveils taris ? petit carillon sonne, c'est sec
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Par cjeanney dans todo liste le 14 Mai 2012 à 00:01
photo @guénaël boutouillet
- la bête monstrueuse, s'approcher d'elle tout doux to do, je te parle pour t'apaiser
- venue du fond des océans, méduse, et je n'ai pas assez de force pour te décapiter
- si tu le souhaites, je peux te prendre dans mes bras, te porter sur mon dos, depuis bien trop longtemps je te trimballe pour prétendre encore t'ignorer
- et si j'accepte de te garder, alors peut-être, oui peut-être, tu arrêteras de grandir, tu t'endormiras comme on tombe, fermeras tes paupières ciment, tes cils tranchants, immobiles, lourds, et ta bouche cessera de gémir (ou c'est la mienne, enfin silence)
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Par cjeanney dans todo liste le 13 Mai 2012 à 00:01
photo @canan marasligil
- ah oui, pourquoi pas : Jour de Grande Inversion
- les animaux box et plastique, bouche poignée poil crayon et nageoire pelle à tarte
- je fais mes courses, poussant mon cerf, remplis le coffre d'une baleine (dont les roues sont quatre tatous) et une fois home (enfin, une fois mammouth) je m'assieds sur mon phoque devant mon écran sole (l'odeur, ça va être un réel problème)
- ça ne marche pas, je le regrette, j'aurais aimé une peau épaisse, agglomérée et laquée bleue, un cerveau range-dossiers (très ordonné), un cœur-mécanique-précise qui Sonne l'heure (les jours s'en vont), des émotions billes, une voix harpe / voix cor de chasse / voix tatapoum, des yeux à zoom optique grand angle (au moins un), au lieu de ça, bêtement humaine je va
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Par cjeanney dans todo liste le 12 Mai 2012 à 00:01
photo @aunryz
- le genre de choses qu'on voulait oublier, mettre un mouchoir dessus, un suaire
- c'était violent et non-violent et grave, on s'écartait, on se bouchait les yeux et les oreilles, on revenait constater la débâcle, on perdait pied
- on fixait l'horizon, délibéré, de l'abandon de la carcasse on ne voulait rien savoir
- la mer est calme, connait ce genre de choses, elle les avale et les recrache si souvent, à chaque vague, à chaque coup de vent inopportun, à chaque soleil mangé, au ventre des poissons volants, aux bras des anémones, sur les lettres des algues, dans les squelettes des navires qui tombèrent de fatigue un jour, sous les chapeau de paille des pêcheurs (on les imagine vieux, les mains calleuses et la sagesse infuse), au corps de fer des pétroliers qui battent l'eau et la maltraitent pour la maîtriser mieux, pauvres désirs, pauvres os qui dessèchent, pauvre infini bafoué, pauvre plainte, ce vertige qu'on voudrait tant masquer, oh tant d'efforts couchés sur le sable, la plage et le geste impossible que la mer achève
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