•  

     

     

    photo @pierre cohen hadria

     

     

     

    todo liste, 336

     

    - dans le cadre du colloque La Jeune mère ou l'éducation du premier âge, intervention du Docteur Grellety, 16 février 1900 à 13h45 (vous êtes priés d'éteindre vos téléphones portables, merci)-: Les fêtes du carnaval et de la mi-carême et autres orgies populaires, où il est de tradition de se lancer à la tête des débris de papier et des malpropretés de tout ordre, ont des inconvénients analogues. Chacune de ces saturnales est suivie de nombreux cas de croup, de rougeole, de scarlatine, etc... etc., qui proviennent des ordures qu'on se jette avec tant d'inconscience dans la gorge, dans le nez et sur les tissus. Il y a trop d'innocents qui ont eu à souffrir de ce jeu stupide pour que l'autorité ne se décide pas à intervenir. Elle a déjà interdit les serpentins qui nuisaient aux arbres ; elle doit, à plus forte raison, supprimer les confettis qui risquent de tuer les jeunes générations.

    - merci Docteur. Mais et la liesse alors ? la liesse des mains qui lancent en liesse, la seconde flottante, comme tu l'attrapes, dis ?

    - et tu t'en sors à peine, à peine estourbie, rhume de joie, scarlatine de sganarelle escarpolette, euphorie galopante, allegrette à plumes hupettes et Jean passe

    - beaucoup, passionnément, à la folie (c'est la folie qui compte le plus) et avec un peu de chance, ça pourrait ne pas retomber, non ?

     




    4 commentaires
  •  

     

     

    photo @jean-yves fick

     

     

    todo liste, 335

     

    - ainsi, ils avaient voulu fabriquer la mer, ils l'avaient faite solide, moussue et pleine, une belle imitation docile, c'était pas mal à première vue (les bateaux pouvaient prendre peinards le large sur leurs roulettes, se prendre le bras très cordialement en se racontant la dernière, une rumeur qui courait joyeuse sur un loch ness à tête dure tête de pierre ou autrement, prendre le vent à pleine voile sur des quais collés à des quais jusqu'à très loin)

    - (prendre toutes les pistes cyclables cyclades cyclopes cyclothymiques - et les moutons, d'un œil central, tous alignés les admirant - prendre boulevards et avenues champs zélisées, à la rocade périphérique prendre une sortie, la dernière, la première, laquelle mon capitaine ? et à l'île - nord-pas-de-calais - accoster)

    - (une très belle imitation) (sauf que ça change du tout au tout, pluie cailloux tombe, oiseaux gouttes volent, et puis ces murs liquides qui n'arrêteront pas le froid, et les poissons à queues pavées n'en parlons pas)

    - c'est pourquoi ils ont renoncé




    4 commentaires
  •  

     

     

    photo @dominique hasselmann

     

     

     

    todo liste, 334

     

    - passage, un peu de chaleur un peu de froid, odeurs ville odeurs beignets, passants marcheurs assis l'attente, et les ouvertures pertinentes quand tout petit tu t'envolais, le dire que l'on peut dire, dos de tapis volants, à dos du ciel la nuit, dos de fatigue, goût salive pesante, et ce qu'on se raconte, au chaud, ce qu'on se croise, ce qu'on oublie de détourner, les phrases longues qui n'en finissent pas de décrire ce qui s'était perdu depuis longtemps, le faire revivre une seconde dans la fumée d'une cigarette sur la terrasse, nuit de volutes à dos souvenirs, les nouvelles qu'on se donne, qu'on n'a pas fini de donner, les miettes moulues au sol pour les moineaux demain

    - et les volets tirés volets baissés, passage somnambule

    - aussi un temps d'arrêt sur un trajet trop long, gravité des musiques la nuit, elles volent, habitacle, retrouver la voiture garée plus loin en bordure de trottoir, le long d'une façade éteinte, des gens dorment derrière le mur et qu'on ne verra pas, caves scellées avec leur assemblage fatras de boîtes emballages cartons vélos carcasses tableaux pâlis et la porte branlante pour y descendre, qu'on ne descendra pas, s'en aller, ne jamais se souvenir de l'adresse ni des mots qu'on disait, mais du réel nocturne et de la légèreté de l'air, oui

    - passage


     

     


    8 commentaires
  •  

     

     

    photo @christophe grossi

     

     

     

    todo liste, 333

     

    - les parapluies sont repliés (car ce ne sont pas des parasols, le soleil n'arrive pas jusqu'ici, le couvercle est trop bas)

    - l'amour est replié (car ce sont des épaules synthétiques faites à base d'un alliage de crème et de bannissement, quand tu les touches tu sens comme une texture de grès, pourtant elles sont soyeuses à voir mais mentent, durcissent, se déchirent au premier contact)

    - les passerelles sont repliées (il n'y a qu'à regarder pour s'en convaincre, et même regarder se replie, se superpose en fines lamelles faciles à glisser sous enveloppe)

    - ne te replie pas oh my love, trimer c'est trimer qu'il faut, trimer, et la solitude des plis ne te laisse jamais de répit, wonderful world et du travail, quand les héros se sentent abandonnés ils chantent

     

     





    4 commentaires
  •  

     

    photo @josée marcotte

     

     

     

    todo liste, 332

     

    - prends l'élan

    - il y a une travée toute droite, toi tu prends l'élan de travers (toujours faire un pas de côté pour avancer)

    - ensuite, penser à s'envoler (mais tu y penseras) en étalant le corps horizontal, frôler l'eau et remonter un peu lorsqu'un jonc le demande mais sans lâcher des yeux la peau de l'eau vivante

    - s'autoriser une vrille (tu la feras bien sûr, au moment juste, à l'instant décisif d'entrée en jeu de l'air, et au moment de revenir, surprise, la travée s'est tordue pour voir de quoi tu es capable, elle te regarde, elle a quitté sa ligne droite, elle est abasourdie, évidemment c'est grand, c'est inimaginable et même plus, et le mot inimaginable ne sert à rien ici qu'à montrer ses limites, car quel mot pour le dire, la travée ne sait pas, ne répond pas, c'est à partir de là que tu comprends ce qu'unique veut dire)




    3 commentaires
  •  

     

     

    photo @joachim séné

     

     

     

    todo liste, 331


    - sommes des rêves de plumes à cous dorés

    - ce que les hommes nous ont dit nous préférons le taire, des noms d'oiseaux et des va t'en, des pchiiitt (sans oublier leurs enfants qui nous coursent, pour le plaisir)

    - quelquefois la lune change de sens et la terre se retourne l'espace d'un temps, un temps infiniment court nous sommes pierres, les sculptures s'ébrouent en poussant des appels répétitifs, comme des semonces, puis tout s'inverse gentiment à contrecœur

    - depuis le haut, la vue plongeante sur le ciel (on pourrait penser le contraire), ou c'est la ville qui monte vers nous, croissante, une épidémie de maisons mange le sol, nous surveillons la crue, battons des ailes lorsque la menace ronchonne, à ça que servent les sentinelles à cous dorés



     


    2 commentaires
  •  

     

     

    photo @florence trocmé

     

     

     

    todo liste, 330

     

    - dirige directions se dirigent, et ce rire là, quand le panneau dessine une arabesque, s'interroge, ce rire là proche des pleurs, seulement le biseau d'une arête pour les séparer

    - bien sûr on s'organise en conséquence, on empile des sacs de sable pour quand l'eau montera, on prend des notes, on trie, on anticipe et on calcule, de l'énergie féroce pour déplacer le doute vers un endroit propice, un endroit sûr, et qu'on ne se sente plus recouvert par la Crainte, la grande Crainte du volatil

    - le tracé se défait, le tracé se refait, c'est une machine exsangue qui bouge ses rotules en cliquant le silence lance ses tiges, tracé, découpe le vide, tracé, on n'a pas fini en rond de tourner

    - on s'est accroché sur le 15 comme des perdus, on a caché nos yeux de naufragés sous nos paupières fébriles, on s'est moqué des chiens, des autres, de nous-mêmes, et on a attendu que l'eau clapote en bas pour s'étourdir, puis le jour s'est levé, on a choisi une direction




    2 commentaires
  •  

     

     

    photo @marie cosnay

     

     

     

    todo liste, 329

     

    - le sourire à l'envers, les yeux troués si on se laissait faire

    - il n'est pas d'ouvertures que nous ne puissions prendre à bras le corps et s'engouffrer dedans le temps venu

    - de là où tu te trouves, il y a sûrement une poutre à enjamber, quelque chose de menu, de dur et de collant et qui t'arrêterait sinon (sinon quoi ? tu sais ce qui te reste à faire, pas ce qui reste à te défaire)

    - je me pique le bout du doigt au rouet de l'index, je ne sommeille pas, songe de rire, songe de sons, l'odeur du pin crécelle, les limites bloquent, doctes et malhabiles, je les jette à vos pieds, je les traverse doigt enfoncé, partout je veux creuser, une brèche, une trêve, les retrouvailles seront solides, percer le jour, et plus qu'à mettre la lumière dedans




    4 commentaires
  •  

     

     

    photo @franck garot

     

     

     

    todo liste, 328

     

    - ne pas savoir quel goût ça a, le TIPЦKЯ, ne pas savoir le prononcer

    - (penser manger mais c'est peut-être un vendeur de journaux, ou d'escalopes, ou d'estragon en vrac, une échoppe de réparateur de bottes qui les recouvre de fourrure et les baigne de cire pour vous les rendre lisses et soyeuses comme des perles, elles glissent ensuite si bien que la banquise se creuse de marques longilignes laissées par les passants qui flottent par dessus patineuses indolentes et ne s'arrêtent qu'une fois au bout de l'horizon, bout de la glace blanche, bout du pôle nord, bout d'extrapole, bout de jointure de terre - et en ce cas TIPЦKЯ veut dire "aller plus loin")

    - quand tu cliques sur les cases grises elles ne s'allument pas, ce jeu cassé

    - mais ce n'est pas un jeu le froid, cette impression d'avoir les os fragiles, que la chair les protège comme on enroule du verre dedans du papier bulle, on est anxieux et ce n'est pas un jeu ce que le vent essuie





    5 commentaires
  •  

     

     

    photo @franck queyraud

     

     

     

    todo liste, 327

     

    - postulat : à l'instar de la théorie des fractales (qui dit que, par exemple, un domino est constitué d'une multitude d'atomes en forme de domino, et où trouver le double-six là-dedans, je me demande, jouer avec un microscope n'est pas facile, surtout qu'il en faut deux, ou plus, un par participant, mais je digresse), j'envisage la formule selon laquelle cet arbre représente le monde, le monde entier

    - branches effilées effilochées ridules fines tendent tendent et tendent à disparaître, c'est notre monde

    - ensemble et séparés, dispersés  disséminent mais pondus du même œuf, nous sommes, torturés et solides, noueux craquants et desquamés, abritant les chenilles, les petites bêtes de la terre (les prédateurs, pies écorcheuses), muets et infantiles, baguettes, rigides ou souples, les pontifiants au vent, savants des fourmilières, étendus des murmures, éberlués des frasques que le ciel impose (aurores boréales, feux d'artifices et guerres, mon pauvre ami les guerres) patients et rétrogrades, inventifs (que le lierre nous lâche avec ses historiettes, nous en avons bien d'autres), cachant nos veines ou les offrant à lire, immobiles, dans le noir, terribles d’être attentifs, dans le noir, le grand noir, c'est nous, les damnés de la terre, fruits graines et frelons, appels, beaucoup d'appels (la symphonie n°2 de Brahms en parle, n'est pas la seule)

    - ce postulat pas illogique, voyons quel axiome il entraîne






    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique