• avis sur : MISS MARPLE volume 1, d' Agatha Christie   Dans l'oeuvre abondante d' Agatha Christie, on trouve deux héros récurrents : Miss Marple et Hercule Poirot. Mais autant le détective belge est bavard, extraverti et parfois ridicule, autant la vieille demoiselle habitant la petite cité de Ste Marie Mead est discrète, ce qui ne l'empêche aucunement d'être efficace. Créée en 1930 par la reine du roman policier britannique, MISS MARPLE a vécu le temps de douze romans et d'un recueil de nouvelles, enquêtant patiemment pour, à tous les coups, confondre le meurtrier d'une énigme au parfum de thé à la bergamotte.

     

     Les interprètes au grand écran de cette dame d'apparence effacée n'ont guère été crédibles : Margareth Rutherford et ses allures de brigadier de la garde tout comme Angela Lansbury, trop "hollywoodienne", ne purent vraiment entrer dans la peau du personnage. Seule, une comédienne, Joan Hickson,  fut vraiment l'incarnation de MISS MARPLE pour une série télévisée britannique.

     

     Mais le mieux n'est -il pas de la retrouver sous sa forme première, c'est à dire comme héroïne de papier dans le tome 1 de ses investigation, parmi lesquelles 'l 'affaire Protheroe", " Miss Marple Au club du Mardi" (ensemble de nouvelles) et "un cadavre dans la bibliothèque". Et n'oubliez pas, pour mieux rentrer dans l'ambiance de lire en dégustant quelques muffins et un doigt de brandy !

     

    MISS MARPLE volume 1 d' Agatha Christie  Le Masque 998 pages  19,90 €


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  •  La BD du jour : LE COMPLEXE DU CHIMPANZE Les Fils d' Arès tome 2 Voici le deuxième volet du remarquable tryptique LE COMPLEXE DU CHIMPANZE intitulé Les Fils d' Arès.

     

      Initialement partis pour la Lune, Hélène et les membres de son équipage ont du changer de cap et, après cryogènisation, vont partir pour Mars.

      Alors que sa fille Sofia, restée sur Terre, ne comprend pas le comportement de sa mère et fait  une fugue, Hélène et les spationautes vont faire une rencontre étonnante sur la planète rouge en la personne du pionnier de l'espace, supposé mort au siècle précédent Youri Gagarine !!!

     

      Comme dans l'épisode précédent, le scénario de Marazano amène le lecteur dans un univers à la fois fantastique et passionné. Le découpage cinématographique de l'intrigue est admirablement illustré par les planches de Ponzio, quasi photographiques. On se prend à songer à ce qu'un Stanley Kubrik aurait pu tirer de cette série dont on attend l'épilogue avec impatience. Une grande aventure de la bande dessinée d'aujourd'hui.

     

    LE COMPLEXE DU CHIMPANZE Les Fils d' Arès Tome 2 scénario de Marazano dessins de Ponzio Editions Dargaud  56 pages  13 €


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  • Fin de chronique du livre : L'immortel in l'Aleph de Jorge Luis BorgesOn comprend mal, a priori, en quoi l'immortalité est un cauchemar alors qu'elle préserve de ce que les hommes redoutent le plus, la mort. Marcus Flaminius Rufus s'aperçoit d'abord que ceux qu'il prenait pour des Troglodytes sont les immortels, que le pauvre hère aphasique qui le suit partout comme un chien n'est personne d'autre qu'Homère !
    Sur les flancs de la montagne faisant face à la Cité qu'ils ont abandonnée vivent ces êtres hagards, « nus », à « la barbe négligée » et à « la peau grise ». Sur la poitrine de l'un d'eux, un oiseau a fait son nid. Il apprend également qu'ils ont mis soixante ans à secourir l'un des leurs tombé dans un puits. A quoi bon, en effet, faire aujourd'hui ce que l'on peut faire le lendemain, le mois prochain, l'année prochaine, le siècle prochain ?
    L'immortalité est une malédiction parce que n'agissons que parce que nous sommes, à cause de la mort, dans une situation d'urgence. L'immortalité annule l'action.

    L'immortalité ôte tout intérêt à la vie alors que la mort la rend précieuse, lui donne toute sa valeur parce que chacun de nos gestes, chacune de nos paroles peuvent être les derniers. Telle est la terrible leçon qu'apprend Marcus Flaminius Rufus...

    Cette idée est au cœur d'autres textes consacré à ce sujet, d'abord des écris religieux comme la voix du salut de saint Alphonse de LIGUORI mais aussi un roman : Tous les hommes sont mortels de Simone de Beauvoir. Fosca, l'immortel, raconte qu'il a accompli les exploits les plus fous afin de séduire une femme qui connaissait son secret. Mais elle s'est toujours refusée à lui parce qu'il ne pouvait rien lui offrir : le courage, la générosité, le don de soi n'ont de sens que de la part d'un mortel, ils ne signifient rien de la part d'un immortel.

    Dans la Mort, Jankélévitch résume bien ce problème : « Pour l’être immortel, condamné par son invulnérable cotte de mailles d’immortalité à vivre indéfiniment, le danger n’a pas de sens, ni le courage, ni l’aventure ; peut-être les anges auraient-ils bien envie de mourir pour pouvoir, comme tout le monde, courir des aventures : ils meurent, hélas !, de ne pouvoir mourir. »

    Alors, pour cesser de mourir de ne pas pouvoir mourir, Marcus Flaminius Rufus reprend la route car s'il y a un fleuve dont les eaux rendent immortel, il doit y en avoir un autre dont les eaux rendent de nouveau mortel.

    L'immortel in l'Aleph de Jorge Luis Borges, Gallimard

     


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  • Les écriveurs, tome 1 : La cité lumineuse de Frédéric Mars J’avais beaucoup aimé Non Stop (aux éditions Hachette Black Moon,)  alors quand les éditions Saphira  m’ont proposé de chroniquer, et, la réédition de la Valeur de la science d'henri POINCARRE et  le nouveau roman de Frédéric Mars, Les écriveurs, je n’ai pas hésité bien longtemps. Bon, je n’ai peut-être pas autant aimé (c’était presque un coup de coeur, ceci-dit) mais, franchement, je ne regrette pas, j’ai beaucoup aimé.

    Au début, j’étais un peu perdue avec cette histoire de remontées dans le temps mais ça ne dure pas (et heureusement) et on revient rapidement (et durablement) dans le présent. De plus, je trouvais que c’était plus jeunesse que Non Stop. Surtout lorsque la narratrice s’adresse directement au lecteur (perso, je déteste ce genre de familiarité). Probablement parce que l’héroïne (et narratrice) est une adolescente d’une quinzaine d’années loin d’être timide et effacée. Je peux donc le comprendre, c’est dans son caractère d’être “désinvolte”.

     

    Et puis, ça se calme peu à peu. Ou peut-être que j’y ai moins prêté attention. Et au final, ce n’est pas trop jeunesse, en fait. Toujours est-il que je me suis plongée dans le récit. Je ne me suis pas ennuyée, c’est franchement prenant. L’action est bien rythmée et les personnages sont intéressants (sympathiques -comme Will- ou intriguants -comme Blix-) même si Lara (la Cendrillon de Hometone) m’a plus d’une fois agacée.

     

    Les descriptions sont très visuelles et je n’ai eu aucun mal à m’imaginer dans cet univers tantôt trop terne tantôt trop lumineux. L’auteur a beaucoup d’imagination mais il nous emporte avec facilité. On finirait presque par y croire, en fait. C’est quelque part effrayant tant c’est crédible. Même si en fin de lecture je reste un peu dans le flou avec des questions qui restent sans réponses, c’est un roman que j’ai beaucoup aimé. Il me tarde de lire la suite.

     

    Les écriveurs, tome 1 : La cité lumineuse ; Frédéric Mars ; éditions Baam!

     


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    "L'homme qui arrêta d'écrire" de Nabe, finLes premières pages du livre, j'avais du mal.  J'avoue.  Il fallait que je sorte de ce rejet que j'avais de lui, de ce guignol qui se proclamait de l'anti-édition, ce que je trouvais à la base complètement ridicule.

     

     

    J'ai fini par les manger, toutes ces pages.  Goulument, avidement, sans jamais m'en lasser.  C'était sans compter les quelques fous-rires qui m'ont secoués, et le ton bon enfant, mais à l'écriture acérée, qui ont parcouru ce livre.

     

     

    Nabe avance tel son héros écrivain, qui décide d'arrêter d'écrire du jour au lendemain.  Depuis ce jour là, il s'enfonce dans la vie parisienne, accompagné par un jeune blogueur qui lui montre toutes les facettes de cet univers de paillettes et de rêves.

     

    Il ne les rate pas, le Nabe.  Les personnalités qu'il croise au cours de son périple sont quelques peu malmenées, mais il le fait avec un ton si amusant, que c'est à mourir de rire; de même, il épingle les endroits cultes tels que le Baron, décrit les choses avec mordant, ironie, et avec bon coeur aussi.  Si, si.  Ce n'est jamais méchant. 

     

    Une vision du monde parisien d'aujourd'hui, décalée peut-être, mais qui au moins a le mérite de parler sans faux-semblants, et qui vous jette en plein visage la vérité crue, même si au moment même on en rigole, alors qu'au fond, ce qu'il dit là, est la triste, si triste vérité.

     

     

    A lire bien entendu, cela va de soi.

     


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